Un tribunal britannique a donné raison mardi au conseil du district d’Epping Forest, dans l’Essex, qui demandait l’expulsion de demandeurs d’asile logés dans un hôtel devenu le centre de manifestations tendues depuis plusieurs semaines. La décision intervient après qu’un résident, un demandeur d’asile éthiopien, a été inculpé d’agression sexuelle et d’autres infractions, ce qu’il nie. Son procès doit s’ouvrir la semaine prochaine.
L’affaire concerne le Bell Hotel, situé à Epping, à une trentaine de kilomètres au nord de Londres. Depuis l’inculpation de l’homme en juillet, l’établissement est devenu un lieu de confrontation entre militants anti-immigration et groupes pro-immigration, donnant lieu à des rassemblements quasi quotidiens et à une forte tension locale.
Mardi, le juge Stephen Eyre a accordé une injonction provisoire au conseil, obligeant le propriétaire de l’hôtel à expulser les demandeurs d’asile hébergés sur place d’ici le 12 septembre. Le propriétaire a toutefois annoncé son intention de faire appel de cette décision.
Dans le même temps, le juge a rejeté une tentative du ministère de l’Intérieur britannique d’intervenir dans l’affaire pour soutenir le propriétaire de l’hôtel et s’opposer au départ des demandeurs d’asile. Cette décision marque un revers pour le gouvernement, engagé dans une politique controversée visant à durcir l’accueil des migrants et à limiter leur hébergement en hôtels.
Cette affaire s’inscrit dans un climat politique tendu au Royaume-Uni, où les questions liées à l’immigration continuent d’alimenter débats et divisions. Les autorités locales invoquent la sécurité publique et la stabilité communautaire, tandis que les associations de défense des droits des migrants dénoncent une instrumentalisation politique de faits divers isolés.