Rouen : un homme de 20 ans condamné pour avoir échangé des images sexuelles avec une mineure
Rouen : un homme de 20 ans condamné pour avoir échangé des images sexuelles avec une mineure

Pendant plusieurs mois, un habitant de Sotteville-lès-Rouen a échangé des images à caractère sexuel avec une adolescente de 13 ans sur Snapchat. Âgé de 20 ans au moment des faits, il s’était d’abord fait passer pour une fille grâce à un faux profil. Le 12 juin 2025, Tony (nom modifié), aujourd’hui âgé de presque 25 ans, comparaissait devant le tribunal correctionnel de Rouen pour corruption de mineure de moins de 15 ans. Entre février et novembre 2021, il avait régulièrement demandé à Margot (nom modifié), alors âgée de 13 ans, de lui envoyer des photos et vidéos explicites. De son côté, il lui adressait des contenus similaires de lui-même ainsi que des messages à connotation sexuelle.

Pour commencer, un mensonge sur son identité

Le prévenu a expliqué qu’à l’origine, il avait créé un faux compte Snapchat au nom de « Marie », une prétendue jeune fille de 16 ans, pour se moquer d’un ami. À travers la fonction d’ajout automatique du réseau social, il a pris contact avec Margot et engagé une conversation sous cette fausse identité. Très vite, il lui a demandé des images d’elle dénudée. Gagnant la confiance de l’adolescente, il est ensuite revenu vers elle avec son véritable profil, prétendant être un ami de « Marie » et assurant avoir vu les clichés. Malgré cela, il a poursuivi les échanges avec Margot, largement centrés sur la sexualité. Si elle pensait au départ qu’il était mineur, il lui a rapidement révélé son âge réel. 

Tony savait dès le départ qu’elle avait moins de 15 ans.

Au fil des conversations, il a évoqué à plusieurs reprises la possibilité d’une rencontre sexuelle, tout en assurant au tribunal qu’il ne serait jamais passé à l’acte. Le dossier d’instruction mentionne des échanges où 75 % des contenus portaient sur des sujets sexuels. Le président du tribunal a noté qu’il était systématiquement à l’initiative des discussions et faisait fréquemment référence à la taille de son sexe ou à la poitrine de l’adolescente. L’affaire a pris fin lorsque la mère de Margot a découvert les messages, photos et vidéos. Elle a aussitôt mis un terme à la relation et retiré le téléphone à sa fille. Tony a malgré tout tenté de contacter une amie de Margot pour la dénigrer. Devant la cour, il a expliqué ne plus se souvenir de ces faits et a invoqué son immaturité à l’époque. Il a reconnu avoir causé du tort et s’est déclaré « désolé ».

La mère de Margot a exprimé à l’audience l’ampleur du traumatisme subi par sa fille

Selon elle, cette expérience a profondément affecté l’adolescente, qui a perdu confiance en elle, s’est éloignée de ses amis et a subi du harcèlement. La tension familiale l’a poussée à entrer en internat, et elle a ultérieurement choisi de subir une réduction mammaire, en partie à cause du regard porté sur son corps. Le tribunal a suivi les réquisitions du procureur et condamné Tony à dix mois de prison avec sursis. Il devra suivre une thérapie, lui est interdit tout contact avec la victime et toute activité en lien avec des mineurs. Il est également inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAIS). Il devra verser 4 000 euros de dommages et intérêts à Margot, 800 euros à sa mère, ainsi que 400 euros pour le préjudice matériel. Cette peine est susceptible d’appel. Toute personne est présumée innocente tant que toutes les voies de recours n’ont pas été épuisées.

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