Sur les 51 hommes condamnés en décembre 2023 à Avignon pour des viols en réunion sur Gisèle Pelicot, seule une personne, Husamettin D., comparaîtra de nouveau devant une cour d’assises. Les 16 autres appelants se sont finalement désistés, rendant son appel isolé.
Un appel isolé pour contester la peine
L’automne prochain, la cour d’assises de Nîmes ne jugera qu’un seul accusé : Husamettin D., 44 ans, ouvrier du bâtiment, condamné à neuf ans de réclusion pour viol en réunion. Contrairement aux 16 autres coaccusés qui avaient initialement souhaité faire appel, il maintient sa décision, contestant uniquement la sévérité de la peine. Lors du procès en première instance, il avait affirmé avoir cru participer à un jeu sexuel consenti avec un couple libertin. Ce n’est qu’après confrontation à la définition légale du viol qu’il avait admis la nature pénalement répréhensible de son acte.
Un procès emblématique d’un système de violence
Un procès emblématique d’un système de violenceEntre 2011 et 2020, Dominique Pelicot, mari de la victime, avait organisé ces agressions sexuelles dans leur maison de Mazan en droguant son épouse aux anxiolytiques avant d’inviter des inconnus recrutés sur Internet à la violer. Condamné à 20 ans de réclusion, il n’a pas fait appel. L’affaire, rendue publique à la demande de Gisèle Pelicot elle-même, a marqué les esprits par l’ampleur des faits et l’inhumanité du système mis en place. La plupart des 50 autres condamnés avaient reconnu les faits, certains ayant participé à plusieurs reprises. Si l’audience en appel se tient comme prévu en octobre, Dominique Pelicot pourrait y être entendu comme simple témoin. Par ailleurs, il reste mis en examen dans d’autres affaires, notamment pour le viol suivi de meurtre de Sophie Narme en 1991 à Paris, ce qui pourrait aboutir à un nouveau procès dans les mois à venir.