Trois jours après une violente attaque à l’arme blanche en plein centre de Pau, le principal suspect a été interpellé hier mardi 17 juin à Nîmes, à plusieurs centaines de kilomètres du lieu des faits. L’homme, désormais en garde à vue pour tentative d’assassinat, est soupçonné d’avoir poignardé à plusieurs reprises un réfugié politique laotien samedi 14 juin, en pleine journée, sur le boulevard des Pyrénées. La victime, âgée d’une trentaine d’années, avait été transportée en urgence absolue à l’hôpital avec de graves blessures au cou et au torse. Son pronostic vital, un temps engagé, a été levé dans la soirée. Identifié comme Joseph Akaravong, il est connu pour son engagement militant contre le régime laotien, qu’il a fui en 2018 avant d’obtenir le statut de réfugié politique en France en 2022.
Une enquête encore ouverte sur les motivations
Selon le parquet de Pau, les enquêteurs ont retracé le parcours du suspect, de son lieu d’hébergement à Pau jusqu’à sa fuite à Nîmes. Trois autres personnes ont également été placées en garde à vue, leur éventuelle implication restant à éclaircir. Pour l’heure, les autorités ne confirment aucun lien entre l’agression et le passé politique de la victime, bien que cette hypothèse soit soulevée par la Fondation Manushya, une ONG de défense des droits humains en Asie. L’organisation, qui milite pour la protection des dissidents en exil, évoque une possible attaque ciblée liée à l’activisme de Joseph Akaravong. Elle appelle la France à garantir sa sécurité et à faire toute la lumière sur cette affaire. En attendant, l’enquête se poursuit pour déterminer les motivations réelles de cette tentative d’assassinat qui, au-delà de la violence des faits, soulève désormais des questions diplomatiques et politiques.