Un an après le drame, le tribunal correctionnel de La Rochelle se penche ce mardi 1er juillet sur la tragédie qui a coûté la vie à une fillette de 10 ans, percutée par une voiture alors qu’elle circulait à vélo dans le cadre d’une sortie scolaire. La conductrice, âgée de 83 ans au moment des faits, est poursuivie pour homicide et blessures involontaires, ainsi que pour délit de fuite. Les faits remontent au 5 juin 2024. Ce jour-là, un groupe de douze enfants de 7 à 11 ans, encadré par deux animateurs d’un centre de loisirs municipal, circulait à vélo sur une avenue de La Rochelle. Tous étaient équipés de casques et de gilets réfléchissants. Mais en quelques secondes, la balade a tourné au drame : une voiture arrivant à contresens les a fauchés de plein fouet. Selon le parquet, le véhicule s’était brusquement déporté sur la gauche « sans raison apparente ». Une fillette grièvement blessée est décédée à l’hôpital deux jours plus tard. Six autres enfants ont été blessés.
Une responsabilité médicale au cœur des débats
La conductrice avait poursuivi sa route sans s’arrêter avant qu’un témoin ne la contraigne à s’immobiliser. Les dépistages à l’alcool et aux stupéfiants se sont révélés négatifs. Interrogée par les enquêteurs, elle a évoqué un malaise et dit ne pas avoir vu les enfants. Des antécédents similaires, survenus avant l’accident, pourraient cependant soulever la question de sa capacité à conduire ce jour-là. C’est sur ce point que l’avocat de la famille de la victime entend insister. Pour lui, se mettre au volant en connaissant un tel risque posait un problème de responsabilité prévisible. Dans le même temps, le Sénat examinera ce mardi en deuxième lecture une proposition de loi pour créer dans le Code pénal une nouvelle qualification : l’« homicide routier ». Un délit distinct censé mieux refléter la gravité des accidents mortels commis avec des circonstances aggravantes (vitesse excessive, usage de stupéfiants, défaut de permis, usage du téléphone ou délit de fuite). Dans cette affaire, le refus d’arrêt immédiat de l’automobiliste pourrait entrer dans ce cadre. Engagée dans le collectif « Sauver des vies c’est permis », la mère de la fillette plaide aujourd’hui pour une réforme profonde. Elle milite pour l’instauration de visites médicales régulières pour les conducteurs âgés. Pour elle, la justice pénale apportera peu de réponses, mais le procès pourrait réveiller une prise de conscience politique et collective. À ses yeux, le véritable enjeu dépasse la sanction : il s’agit d’empêcher que ce genre de drame se répète.