Au lendemain de l’attaque au couteau qui a semé la panique dans le centre-ville de Marseille, le profil de l’assaillant abattu par la police se précise. Abdelkader Dibi, Tunisien de 35 ans en situation régulière, avait déjà été condamné pour violences avec arme et son parcours judiciaire était marqué par des épisodes violents. Les premières conclusions de l’enquête mettent en évidence des troubles psychiatriques lourds, sans lien établi avec une quelconque radicalisation. Selon le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, l’homme a exprimé à plusieurs reprises sa volonté de mourir. Dans un café-restaurant, après avoir blessé trois personnes, il aurait tenté d’agresser le gérant en criant « Allah Akbar, moi aussi je veux mourir ». Une scène filmée par des passants montre par ailleurs l’assaillant repoussé à coups de chaises et de bâtons, avant l’intervention des forces de l’ordre.
Un passé violent et instable
Arrivé en France en 2019, l’homme avait déjà défrayé la chronique judiciaire. En 2023, il avait violemment agressé son neveu, ce qui lui avait valu une condamnation à quatre ans de prison, dont trois avec sursis. En juin 2025, il avait été interpellé à Sète après avoir interrompu une prière par des propos antisémites, et devait comparaître pour ces faits en octobre. Les enquêteurs s’intéressent désormais à ses éventuelles consommations de stupéfiants ou d’alcool le jour des faits, des analyses toxicologiques étant en cours. La victime la plus grièvement blessée a pu être sauvée et se trouve hors de danger. Mais cette attaque, marquée par la mobilisation courageuse de plusieurs passants venus prêter main-forte, laisse une ville sous le choc et relance le débat sur la prise en charge psychiatrique des profils violents.