Le Japon a procédé vendredi à la première exécution capitale depuis près de trois ans, mettant à mort Takahiro Shiraishi, surnommé le « tueur de Twitter », reconnu coupable d’avoir assassiné neuf personnes qu’il avait contactées via les réseaux sociaux. Cette pendaison marque également la première application de la peine de mort depuis l’entrée en fonction du Premier ministre Shigeru Ishiba en octobre dernier.
Shiraishi, âgé de 34 ans, avait été condamné à mort pour avoir tué et démembré huit femmes et un homme en 2017 dans son appartement de la ville de Zama, dans la préfecture de Kanagawa, au sud-ouest de Tokyo. Il avait utilisé Twitter pour repérer des personnes en détresse, souvent suicidaires, leur promettant de les aider à mourir, avant de les piéger et de les assassiner.
Le ministre de la Justice, Keisuke Suzuki, a défendu sa décision d’autoriser l’exécution après un « examen attentif », soulignant que les meurtres avaient été commis pour des motifs « extrêmement égoïstes » et avaient suscité une profonde onde de choc au sein de la société japonaise. « Ces crimes ont provoqué un grand trouble dans la société. La peine capitale était inévitable », a-t-il déclaré.
L’affaire avait choqué le pays à l’époque, relançant les débats sur la régulation des réseaux sociaux et la responsabilité des plateformes dans les interactions entre utilisateurs vulnérables. Shiraishi n’avait pas contesté les charges retenues contre lui lors de son procès, affirmant ne ressentir aucun remords.
La dernière exécution au Japon remontait à juillet 2022, lorsqu’un homme avait été pendu pour une attaque meurtrière à l’arme blanche perpétrée en 2008 dans le quartier tokyoïte d’Akihabara. Le pays maintient une application stricte de la peine capitale, malgré les critiques récurrentes des organisations de défense des droits de l’homme, notamment pour le secret entourant les exécutions et l’absence de préavis pour les condamnés.
En septembre dernier, un tribunal japonais avait acquitté Iwao Hakamada, un ancien boxeur professionnel injustement condamné à mort, qui avait passé plus de cinquante ans dans le couloir de la mort, relançant les critiques sur le système judiciaire nippon. Selon Amnesty International, le Japon fait partie des rares démocraties industrialisées à maintenir activement la peine de mort, en la pratiquant exclusivement par pendaison.