Le ministère de l’Intérieur égyptien a annoncé jeudi 18 septembre l’arrestation de trois individus impliqués dans le vol d’un bracelet vieux de plus de 3 000 ans, issu des collections du Musée du Caire. L’objet, datant du règne du pharaon Aménémopé (vers 1000 av. J.-C.), a malheureusement été fondu, mettant un terme définitif à l’espoir de sa restitution dans son état d’origine.
Un bijou précieux, disparu puis détruit
Le bracelet, orné de perles sphériques en lapis-lazuli, avait été subtilisé le 9 septembre dans le laboratoire de restauration du musée, l’une des institutions archéologiques les plus importantes au monde. Il reposait dans un coffre sécurisé, au sein d’un espace réservé aux artefacts fragiles ou en traitement. Dès la disparition signalée, un comité d’experts a été dépêché pour vérifier si d’autres objets avaient pu être touchés.
Les autorités avaient rapidement diffusé les images de la pièce volée aux postes frontières, aux aéroports et aux douanes, craignant une tentative d’exportation illégale. Mais l’enquête a pris une autre tournure.
Une filière locale, du musée à l’atelier
Les investigations ont permis de remonter la piste jusqu’à une restauratrice employée au musée. Celle-ci aurait profité de son accès privilégié pour subtiliser le bracelet, avant de le revendre à un bijoutier, qui l’a ensuite cédé à un orfèvre du quartier des bijoutiers du Caire. Ce dernier l’a fait fondre dans un atelier spécialisé. L’ensemble de la transaction a été évalué à environ 194 000 livres égyptiennes, soit un peu plus de 4 000 dollars – une somme dérisoire au regard de la valeur patrimoniale de l’objet.
Les trois suspects – la restauratrice, le revendeur et le fondeur – ont été interpellés et placés en garde à vue. Le ministère a indiqué que l’argent issu de la vente avait été saisi.
Un symbole de patrimoine irrémédiablement perdu
Découvert à Tanis, dans le delta oriental du Nil, le bracelet faisait partie d’un ensemble funéraire retrouvé dans le caveau du roi Psousennès Ier, où le pharaon Aménémopé avait été réinhumé après le pillage de sa propre tombe. L’objet devait être envoyé à Rome fin octobre dans le cadre d’une exposition internationale sur les trésors de l’Égypte ancienne.
Cet incident survient à quelques semaines de l’inauguration du Grand Musée Égyptien (GEM), le 1er novembre, aux abords des pyramides de Gizeh. Il vient rappeler la vulnérabilité persistante des collections patrimoniales, malgré les dispositifs de sécurité renforcés.