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Condamnation à 30 ans pour l’employée de crèche ayant tué un bébé au Destop. (BFMTV Lyon)

La cour d’assises de l’Ain a rendu, ce vendredi, un verdict plus sévère dans l’affaire du décès de la petite Lisa, âgée de 11 mois, morte après avoir ingéré un déboucheur de canalisation type Destop dans une crèche lyonnaise en juin 2022. L’ancienne auxiliaire de crèche, Myriam Jaouen, a été condamnée à trente ans de réclusion criminelle, en hausse par rapport à la peine de vingt-cinq ans prononcée en première instance. Cette décision est conforme aux réquisitions du parquet général, qui avait demandé un durcissement de la sanction.

Un acte volontaire et prémédité

Au terme de trois jours d’audience, la cour a retenu la qualification de meurtre avec intention de donner la mort. Les jurés ont estimé que la prévenue avait administré volontairement une quantité « massive » de produit corrosif à la petite Lisa, provoquant des brûlures internes et externes mortelles. Lors du procès, Myriam Jaouen avait affirmé qu’elle voulait seulement faire taire les pleurs de l’enfant et qu’elle n’avait pas l’intention de la tuer. La cour a rejeté cette version, considérant que la dangerosité du produit et l’âge de la victime rendaient l’acte intentionnel.

Une peine conforme aux réquisitions

Le parquet avait requis une peine de réclusion criminelle avec une période de sûreté longue, mettant en avant la toxicité extrême du produit administré et la vulnérabilité de l’enfant. La cour a suivi cette réquisition, renforçant la peine initiale. Myriam Jaouen dispose désormais d’un délai de dix jours pour se pourvoir en cassation.

Un drame horrible

Le drame s’était produit le 22 juin 2022 dans une micro-crèche lyonnaise. Ce matin-là, Myriam Jaouen, alors âgée de 27 ans, était seule à l’ouverture de l’établissement lorsqu’elle a donné à Lisa un produit ménager hautement corrosif destiné au débouchage des canalisations. Malgré l’intervention rapide des secours, l’enfant est décédée quelques heures plus tard.

Lors du procès en appel, des experts et enquêteurs ont décrit la prévenue comme une personne « immature » et incapable de justifier la gravité de son geste par ses difficultés personnelles. Ils ont insisté sur le fait qu’elle ne pouvait ignorer le danger d’un produit corrosif administré à un nourrisson. Ces éléments avaient déjà été soulignés lors de la première instance, où la prévenue avait présenté plusieurs versions contradictoires des faits avant de reconnaître l’administration du produit.

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