Trente et un ans après les faits, la justice a clos l’un des plus anciens dossiers criminels non résolus en France. Jeudi 25 septembre, la cour d’assises de l’Aisne a condamné Pascal Lafolie à la peine maximale de trente ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Nadège Desnoix, lycéenne de 17 ans tuée en 1994 près de Château-Thierry. Le verdict englobe une dizaine d’années de détention déjà effectuées par l’accusé pour d’autres affaires, notamment une agression sexuelle commise en 1996 et un viol en 2000. Âgé de 58 ans, Lafolie pourrait donc prétendre à une libération plus tôt que prévu, un scénario qui inquiète les proches de la victime. L’avocate générale avait dressé le portrait d’un homme manipulateur, violent et incapable de maîtriser ses pulsions sexuelles. La cour a suivi ses réquisitions, estimant qu’aucune circonstance atténuante ne pouvait s’appliquer.
Un procès attendu depuis trois décennies
Le corps de Nadège avait été retrouvé en mai 1994, poignardé à de multiples reprises sur le chemin de son lycée. Pendant des années, l’enquête a piétiné. Ce n’est qu’en 2021 que l’affaire a rebondi : l’ADN de Lafolie, prélevé lors d’une procédure pour violences conjugales, a été identifié sur le chouchou de la jeune fille. L’accusé avait d’abord reconnu les faits avant de se rétracter, tentant de rejeter la responsabilité sur son frère décédé. Durant les quatre jours d’audience, la famille de Nadège a tenu à être présente, vêtue de T-shirts imprimés du visage de l’adolescente. À l’annonce du verdict, l’émotion a été vive. Le frère de la victime a parlé d’un procès « extrêmement difficile », mais qui laisse enfin un sentiment d’apaisement.
Un homme déjà lourdement condamné
Le parcours judiciaire de Lafolie pèse lourd. Ses précédentes condamnations pour violences, dont certaines sur mineurs, et pour viol avaient déjà révélé une personnalité dangereuse. « La loi, telle qu’elle est aujourd’hui, ne permet pas de maîtriser sa dangerosité », a averti l’avocate générale. L’avocat de la famille a rappelé que le père de Nadège était « mort de chagrin » sans avoir connu l’issue du procès, et a affirmé que d’autres victimes potentielles pouvaient exister. L’accusé, qui a répété jusqu’au dernier jour qu’il « ne se souvenait pas » du crime, a fait savoir par la voix de son avocate qu’il envisageait de faire appel. Pour la famille Desnoix, cette condamnation représente malgré tout la fin d’un combat de trois décennies.
Que retenir rapidement ?
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