Dans la ville endolorie, les vitrines portent encore l’image de Matisse et de ses loutres, surnom affectueux offert par ses parents restaurateurs. Un an après la marche blanche de 8 000 personnes et la cérémonie de 2 000 participants, le silence retombe sur le tribunal pour enfants de Châteauroux : le procès à huis clos s’ouvre ce 26 mai, tandis que la douleur reste palpable.
Du clash au coup fatal
Le 27 avril 2024, une simple battle de rap vire au règlement de comptes. Moqueries de Matisse, riposte d’un rival, bagarre à mains nues… Jusqu’au retour du suspect, armé d’un couteau, qui assène plusieurs coups, dont un mortel, en plein cœur du jeune garçon. Une scène crue, rappelée par le père de la victime : « Il est parti chercher l’arme et est revenu pour frapper ».
Justice mineure, peine majeure ?
Âgé de moins de 16 ans lors des faits, le suspect encourt « seulement » 15 ans de réclusion, contre 30 ans en droit commun. Sa détention provisoire d’un an n’a pu être prolongée, et l’instruction, foudroyante, a été menée tambour battant. Sa mère, mise en examen pour avoir giflé la victime, sera jugée séparément pour violences sur personne vulnérable. Sous haute surveillance policière pour éviter toute récupération politicienne — après les critiques de l’extrême droite sur la nationalité afghane du mineur — la cour doit maintenant trancher. Pour les Marchais, parents de Matisse, « la justice doit être ferme », tandis que la cité, meurtrie, tente de transformer sa peine en « immense bienveillance ».