Après trois jours d’audience intense, la cour d’assises de la Moselle a rendu son verdict : Pierre Cuignet, 55 ans, accusé du meurtre de son collègue et ami David Georges, a été acquitté jeudi 26 juin. La cour a estimé que le doute persistait sur l’intention homicide. À l’issue de l’audience, le président a déclaré solennellement que l’accusé était « libre immédiatement », sauf s’il était détenu pour une autre cause. Nathalie M., poursuivie pour avoir conservé l’arme du crime, a également été acquittée. En larmes, elle a accueilli la décision, tandis que Pierre Cuignet est resté impassible. La défense s’est livrée à une bataille méthodique face à une avocate générale déterminée à obtenir quinze ans de réclusion. Selon l’accusation, Cuignet aurait dissimulé un meurtre soigneusement prémédité. Les avocates de l’accusé ont au contraire rappelé l’absence de preuves directes, l’absence de mobile et les zones d’ombre jamais dissipées. L’une d’elles a évoqué l’enfance difficile de leur client, décrivant un homme fragile mais non violent, loin de l’image d’un tueur.
L’ombre du doute et l’absence de mobile décisif
Les arguments de la défense ont insisté sur le doute raisonnable : pas de bruit de détonation, des expertises ballistiques et psychiatriques non concluantes, et aucune preuve d’un mobile sérieux. La victime, David Georges, était décrite comme instable, parfois violent sous l’emprise de l’alcool. Pour l’avocate Schott, il était même plausible qu’il ait pu commettre un acte auto-agressif. Au terme des délibérations, les jurés ont estimé que le doute devait bénéficier à l’accusé. La cour a reconnu que le comportement de Cuignet pouvait sembler suspect mais insuffisant pour prouver une volonté de tuer. Le parquet de Metz a désormais dix jours pour interjeter appel.