Sept prévenus et une société spécialisée dans les coquillages ont comparu ce mardi devant le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence. Ils sont accusés d’avoir récolté illégalement plus de 24 tonnes de palourdes dans l’étang de Berre, avant de les revendre en dehors de tout circuit légal. Parmi eux, cinq pêcheurs âgés de 28 à 42 ans, sans licence professionnelle, qui dépassaient systématiquement la limite de deux kilos autorisée pour la pêche de loisir. Ils ont également opéré lors de périodes interdites, notamment quand la pêche avait été suspendue en raison d’une contamination bactérienne à l’E. coli. La société Cap Horn, spécialisée dans l’achat et la vente de coquillages, ainsi que ses deux dirigeants, complètent le dossier.
Un trafic lucratif mais destructeur
Selon l’enquête, le PDG de Cap Horn, Jean-Michel Zanon, exerçait une pression constante sur les pêcheurs pour obtenir toujours plus de cargaisons. Des écoutes téléphoniques ont révélé des propos insultants, lus à l’audience, où il sommait ses partenaires de « continuer à travailler ». L’intéressé conteste avoir dirigé une organisation structurée. La procureure a requis contre les principaux instigateurs 200 jours-amendes de 50 à 100 euros, assortis d’une interdiction définitive d’exercer toute activité liée à la pêche.
Un danger pour l’écosystème de l’étang de Berre
Deux associations environnementales, France Nature Environnement Paca et la Ligue pour la protection des oiseaux, se sont portées parties civiles. Elles rappellent que les palourdes jouent un rôle crucial de filtre naturel contre les polluants dans une lagune déjà fragilisée. Retirer des dizaines de tonnes de ces mollusques équivaut, selon elles, à priver le milieu d’un système de purification vital. Le jugement a été mis en délibéré au 18 novembre. Les prévenus risquent des sanctions financières et professionnelles qui pourraient mettre un coup d’arrêt à ce trafic aux lourdes conséquences écologiques.