C’est un coup de com’ qui tourne au fiasco. Gims, le chanteur aux millions de disques vendus, est au cœur d’une violente polémique après le tournage sauvage de son dernier clip dans la cité Pablo-Picasso de Nanterre. Dimanche 9 novembre, sans autorisation ni préavis, les équipes du rappeur ont investi les emblématiques tours Nuages, laissant derrière elles un paysage de désolation qui fait rage parmi les riverains.
« J’ai d’abord cru à un énième rodéo urbain », témoigne Fathia, figure associative du quartier, au Parisien. La surprise fut totale lorsque vers 23 heures, les habitants ont découvert caméras, bolides et barils en flammes installés sous leurs fenêtres. Pire : pour les besoins du tournage, les techniciens ont débranché toutes les ampoules du hall d’entrée, plongeant les résidents dans le noir jusqu’au lendemain après-midi.
Une municipalité furibarde
La ville de Nanterre, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, s’est dite « totalement étrangère » à cette opération et n’a délivré aucune autorisation. Dans un communiqué cinglant, la mairie s’interroge : « La ville de Nanterre se demande si la société de production de Gims s’affranchit de ces règles dans toutes les communes où elle réalise les clips de l’artiste ou si cela est réservé aux quartiers populaires ».
Les dégâts sont significatifs : traces de freinage sur la dalle, barils abandonnés, nuisances sonores jusqu’à minuit… Laureen, résidente de la tour 19, s’insurge : « Le lendemain, il y avait encore les braseros. Des enfants jouaient autour. En termes de sécurité, on fait mieux ». Une situation d’autant plus mal perçue que certains jeunes du quartier avouent avoir été impressionnés par la Lamborghini orange utilisée pour le tournage. Preuve que le fossé se creuse entre les stars du rap et les habitants des cités qu’ils prétendent parfois représenter.