Les États-Unis se préparent à établir une présence militaire sur une base aérienne à Damas, dans le cadre d’un projet de pacte de sécurité entre la Syrie et Israël actuellement négocié par l’administration Trump, ont confirmé à Reuters plusieurs sources proches du dossier.
Selon ces sources, ce déploiement encore non officiel marque un tournant stratégique majeur dans les relations entre Washington et Damas, un an après la chute de Bachar al-Assad, ancien allié de l’Iran. Son successeur, le président Ahmed al-Charia, doit rencontrer Donald Trump lundi à la Maison-Blanche, première visite d’un chef d’État syrien aux États-Unis depuis plus de deux décennies.
La base, située à l’entrée du sud de la Syrie, serait intégrée dans une future zone démilitarisée prévue par le projet de pacte de non-agression entre Israël et la Syrie. Plusieurs missions de reconnaissance menées par le Pentagone ces dernières semaines auraient confirmé la pleine capacité opérationnelle de la piste, apte à accueillir immédiatement des vols militaires.
Des responsables syriens ont précisé que les discussions portaient sur l’utilisation de la base à des fins logistiques, humanitaires et de surveillance, tout en garantissant à la Syrie la souveraineté totale sur l’installation. Des avions de transport américains C-130 se seraient déjà posés sur le site pour procéder à des inspections techniques.
Cette présence américano-syrienne rappellerait les autres missions conjointes récemment mises en place dans la région : l’une au Liban, chargée de surveiller la trêve entre le Hezbollah et Israël, et l’autre en Israël même, liée au cessez-le-feu avec le Hamas.
Les États-Unis maintiennent par ailleurs environ un millier de soldats dans le nord-est de la Syrie, aux côtés des forces kurdes, pour lutter contre les résidus de l’État islamique. Washington envisage désormais d’intégrer la Syrie dans la coalition internationale anti-Daech, une perspective qui scellerait son retour diplomatique sur la scène régionale.
Un haut responsable militaire américain a indiqué que cette nouvelle présence vise avant tout à « créer les conditions d’une stabilité durable et d’un équilibre de sécurité » au Moyen-Orient, tout en ouvrant la voie à un rapprochement inédit entre Damas et Jérusalem.
Le pacte israélo-syrien, encore en négociation, devait initialement être annoncé lors de l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre. Les pourparlers avaient alors buté sur plusieurs points de désaccord, mais Washington espère désormais aboutir avant la fin de l’année.