Une école guatémaltèque célèbre le kaqchikel pour préserver les langues mayas (AP)
Une école guatémaltèque célèbre le kaqchikel pour préserver les langues mayas (AP)

Dans les hauts plateaux de l’ouest du Guatemala, une école de San José Poaquil a organisé une journée culturelle en langue kaqchikel afin de promouvoir la préservation des langues autochtones, à l’approche de la Journée internationale de la langue maternelle.

Dans cet établissement, 97 % des plus de 250 élèves parlent le kaqchikel, l’une des 22 langues mayas encore parlées dans le pays. L’enseignement y est dispensé à la fois en kaqchikel et en espagnol. Lors de l’événement, les enfants ont chanté et applaudi au rythme des chansons interprétées dans leur langue maternelle par la chanteuse et compositrice Sara Curruchich.

L’artiste a expliqué que chanter dans la langue des communautés crée un lien immédiat. Elle a rappelé que, durant son enfance, elle n’entendait presque jamais de musique en kaqchikel, soulignant l’importance de valoriser les langues autochtones dans l’espace public.

Les élèves ont également participé à la lecture d’une traduction en kaqchikel du livre What Makes Us Human de Victor Santos, un récit illustré mettant en avant la valeur de la langue maternelle et son rôle dans la transmission entre générations. L’ouvrage a été publié en collaboration avec UNESCO, la maison d’édition Cholsamaj et le Projet de préservation des langues mayas.

Selon Gerber Mux, directeur exécutif de Cholsamaj, l’objectif est d’empêcher la disparition des langues, qui entraînerait la perte d’une vision du monde, de savoirs et d’un lien avec les ancêtres. Les efforts de traduction se concentrent sur les 22 langues mayas du pays, en particulier les quatre les plus menacées : l’Itza’, l’Uspantek, le Mopan et le Chorti.

D’après l’Académie des langues mayas, un recensement de 2018 indiquait qu’un peu plus de 6,4 millions de Guatémaltèques — soit environ un tiers de la population — parlaient une langue maya, le xinca ou le garifuna.

Les organisateurs espèrent que ces initiatives encourageront les jeunes générations à adopter et protéger leur patrimoine linguistique. Pour Sara Curruchich, il s’agit de faire en sorte que les enfants deviennent les gardiens de leurs langues, non par obligation, mais par attachement et fierté culturelle.

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