Trump appelle les Iraniens à poursuivre la révolte et promet une aide imminente
Trump appelle les Iraniens à poursuivre la révolte et promet une aide imminente

Le président américain Donald Trump a exhorté mardi les Iraniens à poursuivre les manifestations contre le pouvoir clérical, affirmant que « l’aide est en route », sans fournir de précisions. Son appel intervient alors que les autorités iraniennes intensifient la répression face aux plus vastes troubles que le pays ait connus depuis des années, déclenchés par une crise économique aiguë.

Dans un message publié sur Truth Social, Donald Trump a invité les manifestants à « reprendre le contrôle de leurs institutions » et annoncé l’annulation de toutes ses rencontres avec des responsables iraniens tant que, selon ses termes, les « massacres insensés » de manifestants se poursuivraient. Cette déclaration a immédiatement suscité de vives réactions à Téhéran.

Le chef de la sécurité iranienne, Ali Larijani, a accusé les dirigeants américains et israéliens d’être les « principaux assassins » du peuple iranien. Un responsable iranien a par ailleurs reconnu qu’environ 2 000 personnes avaient été tuées depuis le début des manifestations, une première admission officielle après plus de deux semaines de troubles à l’échelle nationale, sans davantage de détails.

Selon l’organisation américaine de défense des droits humains HRANA, sur 2 003 décès confirmés, 1 850 seraient des manifestants. Elle fait également état de 16 784 arrestations, un chiffre en nette augmentation. Ces violences surviennent dans un contexte de pression internationale accrue, après les frappes israéliennes et américaines de l’an dernier.

Lundi soir, Donald Trump a aussi annoncé l’imposition de droits de douane de 25 % sur les importations en provenance de tout pays commerçant avec l’Iran, important exportateur de pétrole, et n’a pas exclu de nouvelles options militaires. Si Téhéran n’a pas réagi publiquement à ces mesures, la Chine les a rapidement critiquées. L’Iran, déjà lourdement sanctionné par Washington, exporte l’essentiel de son pétrole vers la Chine, mais aussi vers la Turquie, l’Irak, les Émirats arabes unis et l’Inde.

La Russie a condamné ce qu’elle qualifie d’« ingérence extérieure subversive » et averti que toute répétition des frappes américaines aurait des conséquences « désastreuses » pour le Moyen-Orient. En Europe, plusieurs pays, dont la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et l’Italie, ont convoqué les ambassadeurs iraniens pour protester contre la répression, tandis que le chancelier allemand a estimé que le régime vivait ses « derniers jours », une analyse rejetée par Téhéran.

Sur le terrain, les manifestations, initialement déclenchées par l’effondrement de la monnaie le 28 décembre, se sont transformées en appels à la chute du régime. Les autorités ont combiné répression et discours reconnaissant la légitimité des revendications économiques. Les restrictions de communication, notamment les coupures d’Internet, compliquent la circulation de l’information, tandis que des organisations de défense des droits affirment qu’un manifestant condamné à mort pourrait être exécuté, une information que Reuters n’a pas pu confirmer de manière indépendante.

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