Un haut conseiller de la Maison-Blanche affirme que les tensions liées à l’Iran ont contribué à maintenir les prix du pétrole artificiellement élevés pendant des décennies. Dans un rapport à paraître, Peter Navarro, directeur du Bureau de la politique commerciale et industrielle de la Maison-Blanche, évoque l’existence d’une « prime terroriste » qui aurait pesé sur les marchés énergétiques mondiaux.
Selon ce document de treize pages consulté par Reuters, les risques associés à l’Iran auraient ajouté entre 5 et 15 dollars au prix du baril de pétrole brut. Cette hausse serait liée à la crainte persistante d’attaques ou de perturbations dans le détroit d’Ormuz, une voie maritime essentielle par laquelle transite une part importante du pétrole mondial.
Le rapport estime que cette prime de risque pourrait représenter une augmentation de 7 % à 21 % du prix du pétrole au-delà de ce que justifieraient les fondamentaux économiques du marché. Selon Navarro, une neutralisation de la menace iranienne pourrait donc contribuer à faire baisser durablement les prix de l’énergie.
Ces conclusions sont toutefois contestées par certains experts du secteur énergétique. Ed Hirs, économiste spécialisé dans l’énergie à l’Université de Houston, a indiqué ne pas connaître de preuves vérifiables confirmant l’existence d’une telle « prime terroriste ». Il souligne également que le rapport semble ignorer les coûts potentiels qu’impliquerait une action militaire contre l’Iran.
Les débats autour de cette question interviennent alors que les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran ont provoqué de fortes turbulences sur les marchés mondiaux de l’énergie. Les prix du pétrole et de l’essence ont récemment augmenté, affectant directement les consommateurs américains.
Cette hausse des prix pourrait compliquer la politique économique intérieure de Donald Trump. Elle risque également d’avoir des répercussions politiques à l’approche des élections de mi-mandat prévues en novembre, un scrutin important pour l’équilibre des forces au Congrès américain.