Sally Rooney prévient que l’interdiction britannique de son livre « Palestine Action » pourrait conduire au retrait de ses œuvres des librairies (AP)
Sally Rooney prévient que l’interdiction britannique de son livre « Palestine Action » pourrait conduire au retrait de ses œuvres des librairies (AP)

Sally Rooney a déclaré que la décision des autorités britanniques d’interdire son nouvel ouvrage, intitulé « Palestine Action », pourrait avoir des conséquences bien plus larges sur la diffusion de son travail, allant jusqu’au retrait de ses autres livres des rayons des librairies du pays. L’autrice irlandaise, devenue l’une des figures majeures de la littérature contemporaine, s’inquiète d’un climat qu’elle juge hostile à la liberté d’expression dès lors qu’il est question du conflit israélo-palestinien.

L’interdiction de cet ouvrage intervient alors que les positions publiques de Rooney sur la question palestinienne ont régulièrement suscité des polémiques au Royaume-Uni. L’autrice avait déjà été critiquée pour son refus, en 2021, de voir l’un de ses romans traduit par une maison d’édition israélienne, décision qu’elle avait justifiée par son soutien au mouvement BDS et aux appels de plusieurs organisations de défense des droits humains.

Rooney estime que la mise à l’écart de son nouveau livre pourrait pousser certaines chaînes ou distributeurs à retirer également ses précédents titres, par crainte d’être accusés de promouvoir une œuvre jugée trop politique. Elle affirme que cette évolution créerait un précédent inquiétant pour les auteurs abordant des sujets sensibles ou géopolitiques dans un contexte de tensions accrues au Royaume-Uni.

L’écrivaine, dont les romans se sont vendus à des millions d’exemplaires et ont été adaptés avec succès, voit dans cette mesure une dérive préoccupante à l’heure où les débats autour de la liberté artistique et de la censure prennent de l’ampleur. Elle appelle les autorités britanniques à reconsidérer la décision et alerte sur les risques d’un climat où les controverses politiques pourraient déterminer l’accès du public aux œuvres littéraires.

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