Qais al-Khazali, chef de milice pro-iranien, tente de se réinventer en figure politique en Irak (AP)
Qais al-Khazali, chef de milice pro-iranien, tente de se réinventer en figure politique en Irak (AP)

Qais al-Khazali, chef du puissant groupe chiite Asa’ib Ahl al-Haq et figure longtemps considérée comme l’un des plus proches alliés de l’Iran, cherche aujourd’hui à se repositionner sur la scène politique irakienne. Cet ancien commandant de milice, désigné par les États-Unis comme terroriste international, espère transformer son mouvement armé en une force politique influente.

À la veille des élections législatives de mardi, une victoire de son parti renforcerait son poids au sein de la direction chiite et lui offrirait un rôle clé dans la formation du prochain gouvernement. Un revers, en revanche, affaiblirait sa tentative de légitimation politique et mettrait en difficulté la stratégie iranienne visant à maintenir une influence durable sur les institutions irakiennes.

Depuis la chute de Saddam Hussein en 2003, les milices chiites soutenues par Téhéran se sont imposées comme des acteurs majeurs de la politique irakienne. Mais une grande partie de la population, désillusionnée, estime que ces groupes armés n’ont apporté ni stabilité ni réformes durables. Lors des élections de 2021, Asa’ib Ahl al-Haq avait remporté cinq sièges, un résultat modeste que Khazali espère améliorer sans réel optimisme.

Né en 1974 dans le quartier populaire de Sadr City à Bagdad, Khazali s’était fait connaître après l’invasion américaine, combattant d’abord aux côtés du religieux Moqtada al-Sadr avant de fonder sa propre milice en 2006. Arrêté par les forces américaines en 2007 pour son rôle présumé dans l’attaque d’un complexe gouvernemental à Karbala, il avait été libéré trois ans plus tard. Son groupe a ensuite participé aux combats contre les forces américaines, l’État islamique et dans la guerre civile en Syrie.

Depuis 2012, Khazali affirme vouloir déposer les armes et s’engager dans la voie politique, assurant que « la phase du conflit militaire est terminée ». Pourtant, de nombreux observateurs estiment que son mouvement reste profondément ancré dans la logique de milice, accusé à plusieurs reprises d’exactions contre des civils et d’agir pour le compte de Téhéran.

Désigné comme terroriste par Washington en 2020, Khazali n’a cessé de dénoncer la présence des troupes américaines en Irak, qu’il considère comme une « force d’occupation ». Il a toutefois adopté ces derniers mois un ton plus modéré, évitant toute implication dans les violences anti-américaines liées à la guerre de Gaza et participant même à des initiatives gouvernementales, notamment dans le domaine de l’éducation.

En cherchant à se faire élire, Khazali tente ainsi de tourner la page de son passé de chef de guerre pour s’imposer comme un acteur politique légitime. Mais dans un Irak toujours fragilisé par les rivalités confessionnelles et la méfiance envers les milices, son pari reste incertain.

Que retenir rapidement ?

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