Le camp d’Al-Hol, dans le nord-est de la Syrie, est désormais presque vide après une vague récente de rapatriements et de transferts de femmes et d’enfants liés au groupe État islamique, ont indiqué des responsables.
Selon le représentant en Syrie du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, 191 ressortissants irakiens ont été rapatriés vers l’Irak jeudi avec l’appui de l’agence onusienne. Des familles syriennes vulnérables ont également quitté le camp avec l’aide d’organisations humanitaires.
Un responsable syrien, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a précisé qu’environ 600 Syriens avaient été transférés vers le camp d’Akhtarin, dans la province d’Alep, et que d’autres déplacements étaient en cours. La décision de vider Al-Hol serait motivée par son isolement dans une zone désertique, éloignée des services et proche de secteurs où les autorités ne contrôlent pas entièrement le territoire.
Après la défaite territoriale de l’État islamique en 2019, environ 73 000 personnes vivaient à Al-Hol, principalement des femmes — épouses ou veuves présumées de combattants — et leurs enfants. Le nombre de résidents avait progressivement diminué avec les rapatriements organisés par certains pays, tombant à environ 24 000 le mois dernier.
Les résidents du camp n’étaient pas officiellement inculpés pour la plupart, mais vivaient sous un régime de détention de facto dans une installation fortement surveillée. Le mois dernier, les forces gouvernementales syriennes ont repris le contrôle du camp à l’issue d’une offensive contre les Forces démocratiques syriennes, qui l’administraient depuis plusieurs années.
Des organisations humanitaires ont appelé la communauté internationale à soutenir les efforts de rapatriement, soulignant que les conditions de vie dans le camp étaient difficiles, marquées par des pénuries et des épisodes de violence.
Parallèlement, les autorités américaines ont transféré vers l’Irak des milliers de combattants présumés de l’État islamique détenus en Syrie afin qu’ils y soient jugés. Les autorités syriennes affirment vouloir accélérer le retour des ressortissants étrangers dans leurs pays d’origine, estimant que leur prise en charge relève en priorité de la responsabilité de ces États.