La visite du pape offre un rare moment d’espoir aux patients psychiatriques délaissés du Liban
La visite du pape offre un rare moment d’espoir aux patients psychiatriques délaissés du Liban

Au Liban, le personnel de l’hôpital psychiatrique De La Croix accueille avec enthousiasme la visite imminente du pape Léon X, qu’il considère comme une reconnaissance longtemps attendue du travail accompli dans un secteur souvent négligé. Pour les soignants comme pour les résidents, cette attention du souverain pontife représente une lumière bienvenue dans un contexte marqué par la stigmatisation et le sous-financement chronique.

Fondé en 1952 et géré par l’Église, l’hôpital De La Croix fait partie des très rares établissements spécialisés dans la santé mentale au Liban. Dans ce pays où les troubles psychiatriques restent entourés de préjugés, les patients sont fréquemment abandonnés par leurs familles, tandis que les structures publiques manquent cruellement de ressources pour leur offrir un suivi adéquat. Les communautés religieuses jouent ainsi un rôle essentiel pour combler les lacunes d’un système en difficulté.

Les sœurs franciscaines de la Croix, qui dirigent l’établissement, affirment que la visite papale permettra de mettre en lumière la situation des personnes souffrant de maladies mentales, souvent reléguées au rang de problématiques secondaires face aux crises économiques et politiques successives. Elles espèrent que ce moment d’exposition suscitera un élan de solidarité nationale et encouragera les autorités à soutenir davantage les infrastructures de santé mentale.

À l’hôpital, soignants et patients se préparent à accueillir Léon X avec émotion. Pour beaucoup, la venue du pape symbolise une forme de reconnaissance morale dans un pays où la santé mentale reste un sujet tabou. Les responsables de l’établissement souhaitent que ce geste donnera lieu à un changement durable, rappelant que ces patients, souvent invisibles, ont besoin de soutien, de dignité et d’un engagement collectif pour améliorer leur prise en charge.

La visite du pontife apparaît ainsi comme une bénédiction attendue, porteuse d’espoir dans un environnement où les ressources manquent mais où l’engagement humain demeure profond.

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