La décision de la Cour suprême des États-Unis d’invalider une large partie des droits de douane imposés par le président Donald Trump a réduit sa capacité à menacer ou à instaurer des taxes à l’importation à tout moment. Toutefois, selon des analystes, cette décision ne mettra pas fin à l’incertitude persistante qui pèse sur les partenaires commerciaux de Washington et sur les entreprises.
Quelques heures après l’arrêt rendu vendredi, Donald Trump a annoncé l’instauration d’un nouveau droit de douane de 10 % sur l’ensemble des importations, tout en ordonnant de nouvelles enquêtes commerciales susceptibles d’aboutir à des taxes supplémentaires dans les mois à venir. Il a également insisté sur le fait que les accords commerciaux et d’investissement conclus avec près de 20 pays — dont beaucoup appliquent des tarifs plus élevés — resteraient inchangés.
Moins de 24 heures plus tard, le président a relevé le taux de ce nouveau droit de douane à 15 %, soit le niveau maximal autorisé par la loi. Cette succession rapide de mesures illustre, selon plusieurs observateurs, la volonté de la Maison Blanche de maintenir une pression constante dans les négociations commerciales internationales.
Wendy Cutler, ancienne responsable du commerce américain et vice-présidente principale de l’Asia Society Policy Institute, a estimé que ces ajustements rapides reflètent la capacité du président à exploiter les marges de manœuvre juridiques restantes pour influencer ses partenaires. La décision de la Cour suprême pourrait néanmoins renforcer la position de négociation de ces derniers, en limitant les leviers tarifaires unilatéraux de l’exécutif.
Malgré cet encadrement judiciaire, les entreprises et les gouvernements étrangers restent confrontés à un climat d’imprévisibilité. Les tensions commerciales, notamment avec des partenaires clés comme le Canada, devraient persister, alors que Washington poursuit ses enquêtes et ajuste ses politiques tarifaires dans un contexte économique mondial déjà fragilisé.