États-Unis : un étudiant pro-palestinien de Georgetown reste libre malgré les pressions du gouvernement Trump
États-Unis : un étudiant pro-palestinien de Georgetown reste libre malgré les pressions du gouvernement Trump

Un tribunal fédéral d’appel a statué mardi qu’un étudiant pro-palestinien de l’Université de Georgetown, arrêté plus tôt cette année, pouvait rester en liberté, en dépit des efforts de l’administration Trump pour le renvoyer hors du territoire américain. Cette décision constitue un revers pour la politique actuelle du gouvernement, qui cherche à expulser les étudiants étrangers exprimant un soutien à la cause palestinienne.

L’étudiant en question, Badar Khan Suri, originaire du Pakistan, avait été arrêté en mars 2025 dans un contexte de tensions croissantes sur les campus américains autour de la guerre à Gaza. Il avait ensuite été libéré sous caution en mai, dans l’attente de la procédure d’expulsion engagée contre lui. Les autorités l’accusaient de représenter une menace à la sécurité publique en raison de ses positions politiques jugées radicales.

Le président Donald Trump avait affirmé à plusieurs reprises que les étudiants étrangers soutenant le Hamas ou affichant des messages perçus comme « antisémites ou anti-israéliens » devaient être immédiatement expulsés. Il a également pressé les universités de collaborer avec les services d’immigration pour identifier ces étudiants et accélérer les procédures d’éloignement. Mais ces mesures se heurtent régulièrement à des contestations judiciaires pour atteinte à la liberté d’expression.

Dans sa décision, la cour d’appel a estimé que les éléments apportés par le gouvernement ne justifiaient pas le maintien en détention de Badar Khan Suri, ni une expulsion en urgence. Elle a souligné que ses activités relevaient de son droit constitutionnel à la liberté d’expression et qu’aucun lien direct avec des organisations terroristes n’avait été établi.

L’affaire illustre le climat de tension qui règne actuellement sur les campus américains, où les manifestations pro-palestiniennes se multiplient, souvent réprimées de manière musclée. Plusieurs ONG de défense des droits civiques dénoncent une dérive autoritaire et une criminalisation croissante des opinions politiques critiques de la politique israélienne.

La Maison-Blanche n’a pas encore réagi officiellement à la décision du tribunal, mais le président Trump a déjà promis de durcir encore le contrôle des visas étudiants et de conditionner leur maintien sur le sol américain à un strict alignement avec les « valeurs américaines fondamentales ». Une mesure qui, selon ses opposants, ouvrirait la voie à une censure politique systématique.

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