Crise du cacao au Ghana : des milliers d’agriculteurs toujours impayés, l’acheteur public menacé de saisie
Crise du cacao au Ghana : des milliers d’agriculteurs toujours impayés, l’acheteur public menacé de saisie

Au Ghana, la crise du cacao s’aggrave alors que de nombreux producteurs affirment ne pas avoir été payés depuis plusieurs mois. L’entreprise publique chargée d’acheter le cacao aux agriculteurs serait aujourd’hui confrontée à une dette massive et à un risque de saisie de ses actifs, selon une source proche du dossier.

La Producer Buying Company, acheteur public de dernier recours dans le secteur du cacao, aurait accumulé environ 673 millions de cedis de dettes, soit près de 60 millions de dollars. Cette situation empêche désormais l’entreprise d’acheter la production des agriculteurs dans plusieurs régions du pays.

Selon la même source, certaines banques ont obtenu une décision judiciaire leur permettant de saisir des actifs de l’entreprise afin de récupérer les sommes dues. Cette menace accentue les difficultés d’une société considérée comme essentielle au fonctionnement du secteur cacaoyer ghanéen.

Le gouvernement ghanéen avait pourtant promis en février de restaurer pleinement le rôle central de la Producer Buying Company dans la filière cacao, pilier majeur de l’économie nationale. Mais sur le terrain, de nombreux cultivateurs disent être plongés dans une situation financière critique.

Certains producteurs affirment ne plus pouvoir payer les frais de scolarité de leurs enfants ni couvrir leurs besoins alimentaires quotidiens. Dans plusieurs zones rurales, des agriculteurs expliquent être contraints de réduire leurs repas alors que les retards de paiement se prolongent depuis novembre.

Le Ghana figure parmi les plus grands producteurs mondiaux de cacao, une ressource essentielle pour les marchés internationaux du chocolat. La crise actuelle soulève donc des inquiétudes non seulement pour l’économie du pays, mais aussi pour la stabilité de toute la chaîne d’approvisionnement mondiale.

Cette situation met également en lumière les fragilités financières croissantes du secteur public ghanéen, dans un contexte où les autorités cherchent à stabiliser l’économie nationale tout en soutenant une industrie agricole stratégique.

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