Crise dans le détroit d’Ormuz : l’Union européenne refuse pour l’instant d’élargir sa mission navale
Crise dans le détroit d’Ormuz : l’Union européenne refuse pour l’instant d’élargir sa mission navale

L’Union européenne n’envisage pas, pour l’instant, d’étendre sa mission navale au Moyen-Orient jusqu’au détroit d’Ormuz, malgré les appels du président américain Donald Trump à une mobilisation internationale. C’est ce qu’a déclaré lundi la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, à l’issue d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE à Bruxelles.

Selon Kallas, les discussions entre les États membres ont montré qu’il n’existait « aucun appétit » pour un élargissement immédiat de la mission navale européenne dans cette zone stratégique. Les ministres ont toutefois exprimé leur volonté de renforcer l’opération actuelle sans modifier son mandat pour le moment.

La mission Aspides, lancée par l’Union européenne en 2024, vise principalement à protéger les navires marchands en mer Rouge contre les attaques des rebelles houthis du Yémen. Son nom, qui signifie « boucliers » en grec, reflète l’objectif de sécurisation des routes maritimes essentielles au commerce international.

Le débat sur une éventuelle extension de cette mission s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes au Moyen-Orient. L’Iran a récemment répondu aux frappes américaines et israéliennes par des attaques de drones, de missiles et par la pose de mines maritimes, perturbant la navigation dans le détroit d’Ormuz.

Cette voie maritime est cruciale pour le commerce mondial de l’énergie. En temps normal, environ un cinquième des exportations mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié transitent par ce passage stratégique reliant le Golfe persique aux marchés internationaux.

Actuellement, la mission Aspides dispose sous son commandement direct d’un navire italien et d’un navire grec, avec la possibilité de mobiliser également des bâtiments français et d’autres moyens européens. Pour l’instant, les États membres privilégient le renforcement de ce dispositif existant plutôt qu’une extension vers le détroit d’Ormuz, jugée politiquement et militairement plus délicate.

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