Henri Sannier, emblématique présentateur de Tout Le Sport de 1997 à 2017, a réagi avec émotion à l’annonce de la disparition prochaine de l’émission au profit d’une nouvelle formule intitulée Stade 2, la quotidienne. À partir du 5 janvier, comme l’a révélé L’Équipe, la quotidienne sportive de France 3, toujours programmée du lundi au samedi à 20 heures et présentée par Fabien Lévêque, se veut « un regard moderne et ouvert sur le sport d’aujourd’hui ».
Pour Henri Sannier, cette transition est loin de faire sens. « Je suis outré et écœuré par la disparition de TLS. Je me suis battu pendant 20 ans pour défendre un label et un titre acceptés par tout le monde », confie-t-il. L’ancien journaliste souligne ses efforts pour préserver la marque : « Je suis monté dix fois à la présidence de France Télévisions pour sauver Tout Le Sport ! »
Une marque populaire, incomprise par les dirigeants
Henri Sannier dénonce dans L’Équipe ce qu’il perçoit comme un décalage entre les dirigeants et le public : « Les gens qui nous dirigent sont la plupart du temps des Parisiens et ne connaissent pas l’impact de l’émission dans la France profonde. Moi, je vis à la campagne et tout le monde connaît TLS ! » Il critique également l’idée selon laquelle le label Stade 2 serait plus fort que celui de TLS : « Il faut arrêter de dire que la marque Stade 2 est plus forte que la marque Tout Le Sport, c’est faux ! C’est nul ! »
Si l’émission continuera sous une nouvelle appellation, Henri Sannier reste sceptique : « Stade 2 a toujours été vue comme plus classe, il y avait un sentiment de supériorité, c’était les meilleurs, etc. Nous, on était les petits gars de Tout Le Sport. » Il se montre également critique sur le recentrage vers les réseaux sociaux : « Je suis peut-être un peu à l’ancienne mais mon réflexe a toujours été de plaire aux téléspectateurs, pas d’être accroché aux réflexions qu’on peut lire sur les réseaux. »
Une audience difficile et un avenir incertain
Pour Henri Sannier, la programmation face au journal de 20 heures pénalise l’émission : « Si on veut flinguer une émission, on la met face au JT, comme ça on l’envoie au casse-pipe. Même moi, qui suis un grand fan de TLS, il m’arrive de la louper s’il y a une grosse info parce que je regarde le JT. »
La disparition du nom TLS est perçue comme un « premier pied dans la tombe » par le présentateur, malgré son optimisme naturel : « Quand vous changez le nom de quelque chose, c’est mauvais signe, ça devient compliqué… Un label, c’est important. Si vous changez le nom d’un fromage, si le Brie n’est plus le Brie, les gens sont perdus. Une émission de télé, c’est pareil. »
Henri Sannier souhaite néanmoins que Stade 2, la quotidienne rencontre le succès, même s’il demeure prudent : « Évidemment, je souhaite que ça fonctionne, mais je suis sceptique. »