L’Opep+ relève sa production face aux tensions au Moyen-Orient
L’Opep+ relève sa production face aux tensions au Moyen-Orient

L’Arabie saoudite, la Russie et six autres membres de l’Opep+ ont décidé dimanche d’augmenter leurs quotas de production de pétrole de 206 000 barils par jour à partir d’avril. Ce volume dépasse les 137 000 barils supplémentaires anticipés par les analystes avant le week-end, alors que la guerre en Iran accroît les incertitudes sur l’approvisionnement mondial.

La décision, prise lors d’une réunion programmée de longue date réunissant cinq membres de l’Opep et trois pays alliés, est officiellement justifiée par « l’équilibre du marché ». Le communiqué ne mentionne pas explicitement le conflit iranien, mais intervient dans un contexte de fortes tensions autour du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial.

Un signal limité face aux risques sur l’offre

Pour plusieurs analystes, cette hausse constitue davantage un signal politique qu’une réponse suffisante aux risques actuels. Si les flux via le détroit d’Ormuz venaient à être durablement perturbés, l’impact sur l’offre mondiale pourrait atteindre plusieurs millions de barils par jour, bien au-delà de l’ajustement décidé.

Avant même l’escalade militaire, le Brent s’échangeait au-dessus de 72 dollars le baril, intégrant déjà une prime de risque géopolitique. Certains experts estiment qu’en cas de conflit prolongé et de ruptures d’approvisionnement, les cours pourraient dépasser les 120 dollars.

L’Opep+ a annoncé une nouvelle réunion le 5 avril. Si nécessaire, les pays disposant de capacités supplémentaires, principalement l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, pourraient envisager d’autres ajustements. Toutefois, plusieurs membres du groupe restent dépendants du bon fonctionnement des routes maritimes du Golfe pour exporter leur brut, ce qui limite leur marge de manœuvre.

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