Le président français Emmanuel Macron se rendra au Vietnam la semaine prochaine dans le cadre d’une tournée diplomatique en Asie du Sud-Est, la première d’un chef d’État français dans le pays depuis près de dix ans. Au cœur de cette visite d’État à forte dimension économique et stratégique : la signature attendue de dizaines d’accords bilatéraux autour des infrastructures, de l’énergie et des technologies spatiales, selon des sources proches de l’Élysée.
Macron arrivera à Hanoï le 25 mai, avant de poursuivre son périple par l’Indonésie et Singapour, où il participera au Dialogue Shangri-La, grand forum asiatique sur la sécurité. Cette séquence s’inscrit dans un contexte de repositionnement stratégique de la France dans une région convoitée, notamment par la Chine, le Japon et les États-Unis.
Parmi les dossiers clés figure un accord de coopération spatiale, en cours de négociation, visant à remplacer un satellite d’observation de la Terre lancé en 2013 et construit par Airbus Defence & Space. Un protocole d’accord non contraignant pourrait être signé lors de la visite présidentielle. D’autres discussions sur les satellites sont également en cours, ont indiqué des responsables.
Sur le front énergétique, la France entend renforcer sa coopération avec le Vietnam, notamment dans le cadre du Partenariat pour une transition énergétique juste, soutenu par l’Union européenne. Des avancées sont attendues sur des projets d’énergies renouvelables, alors que le Vietnam tente de réorienter son modèle économique vers des investissements publics massifs dans les secteurs stratégiques, comme l’énergie, les transports et les communications.
L’énergie nucléaire figurera également à l’ordre du jour. Le Vietnam, qui a décidé de relancer son programme nucléaire civil pour répondre à la demande énergétique croissante de son économie en expansion, discute actuellement avec plusieurs pays, dont la Russie, le Japon, la France, la Corée du Sud et les États-Unis. Si aucun accord nucléaire concret n’est attendu avec Paris à ce stade, des discussions exploratoires sont prévues.
Autre projet d’envergure sur la table : la future ligne ferroviaire à grande vitesse entre Hanoï et Hô Chi Minh-Ville, estimée à 67 milliards de dollars, le plus grand projet d’infrastructure de l’histoire du Vietnam. La France, forte de son expertise dans le domaine ferroviaire, espère se positionner comme un partenaire clé de ce chantier emblématique.
Cette visite s’inscrit dans un contexte de réalignement géopolitique mondial. Face à des chaînes d’approvisionnement sous tension et à l’évolution des politiques commerciales américaines, le Vietnam cherche à diversifier ses partenariats et à moderniser son économie, pendant que la France poursuit sa stratégie de présence accrue en Indo-Pacifique.