Océans : est-ce que le sommet de Nice prend déjà l’eau ?
Océans : est-ce que le sommet de Nice prend déjà l’eau ?

La France rêvait d’un coup d’éclat diplomatique à Nice. Mais à quelques jours de la grande conférence des Nations unies sur les océans, l’objectif affiché par Emmanuel Macron semble lui glisser entre les doigts : obtenir la ratification du traité sur la haute mer par 60 pays. Un seuil indispensable pour faire entrer en vigueur cet accord censé protéger près de la moitié de la planète bleue.

Une ambition affichée, un résultat incertain

Le ton avait été donné dès mars dernier : le président français voulait que la conférence Unoc 3 soit le théâtre d’un tournant décisif. Mais malgré les signatures déjà apposées par 110 États, seuls une trentaine ont jusqu’à présent franchi le pas de la ratification. « On n’est pas sûrs d’atteindre les 60 le 9 juin », admet l’Élysée, qui évoque malgré tout de « bons résultats » et reste « très confiant » pour 2025. Un bureau sera même mis en place sur place pour permettre aux délégations d’officialiser leur engagement. L’idée : accélérer à la dernière minute un processus souvent ralenti par des lourdeurs administratives nationales. Mais les signaux sont clairs : l’élan espéré à Nice pourrait bien faire long feu.

La haute mer en sursis

Ce traité, conclu après des années de négociations à l’ONU, vise à protéger les eaux internationales – plus de 40 % de la surface du globe – contre les ravages de la pollution, de la surpêche et des activités industrielles incontrôlées. Des écosystèmes vitaux, menacés mais encore largement sans garde-fou juridique. Sans ratification massive, l’accord restera lettre morte. L’ambassadeur pour les océans, Olivier Poivre d’Arvor, n’a pas mâché ses mots : sans franchissement du seuil à Nice, ce sera « un échec ». Et un sérieux revers pour une diplomatie française qui veut se poser en fer de lance de la défense des biens communs planétaires.

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