Le voilier humanitaire Madleen, affrété par la Freedom Flotilla Coalition pour tenter de briser le blocus de Gaza, a été intercepté dans la nuit du 8 au 9 juin par la marine israélienne. L’opération, menée au large des côtes de Gaza, a provoqué une onde de choc diplomatique. Plusieurs personnalités et ONG dénoncent un acte illégal, tandis qu’Israël affirme avoir agi dans le cadre de sa sécurité nationale.
Une mission humanitaire stoppée en mer
Parti de Sicile le 1er juin, le Madleen transportait 12 passagers, militants, humanitaires et journalistes, ainsi que de l’aide humanitaire destinée à la population gazaouie : riz, lait infantile, prothèses médicales, matériel de filtration d’eau.
Le navire a été arraisonné dans les eaux internationales, à environ 185 km des côtes de Gaza, selon plusieurs ONG. Les autorités israéliennes assurent, de leur côté, que l’intervention a eu lieu à l’entrée de leurs eaux territoriales.
Une opération sans violence, selon Israël
L’intervention a été menée par l’unité d’élite Shayetet 13. Aucun affrontement ni blessé n’a été signalé. Le voilier a ensuite été remorqué jusqu’au port d’Ashdod. Les passagers ont été conduits dans un centre de rétention, où ils ont subi des examens médicaux. Leur expulsion est en cours d’organisation.
« Ces personnes ne nous intéressent pas. Elles vont être mises dans des avions et renvoyées chez elles », a déclaré Joshua Zafrir, ambassadeur d’Israël en France.
Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise, avait exprimé sa vive inquiétude pour la sécurité des passagers, redoutant « le pire ». Une déclaration qualifiée de « fantasme » par Zafrir, qui a balayé les critiques.
Du côté français, l’Élysée a convoqué l’ambassadeur israélien pour exiger des explications. Emmanuel Macron a dénoncé un « blocus humanitaire inacceptable » et demande « le retour immédiat » des six ressortissants français présents à bord.
Pressions internationales et dénonciation des ONG
Plusieurs ONG, dont Adalah et Amnesty International, dénoncent une violation du droit international maritime. Selon elles, intercepter un navire humanitaire en haute mer constitue un acte illégal.
L’Espagne, la Norvège et la Belgique ont également adressé des protestations formelles. Pour l’instant, Israël maintient sa position, affirmant que la flottille constitue une provocation orchestrée…