Pour la première fois, la France va sceller un traité d’amitié avec un pays européen non frontalier. Ce vendredi 9 mai 2025, Emmanuel Macron et Donald Tusk signeront à Nancy un texte stratégique entre Paris et Varsovie. Cet accord bilatéral, dans la lignée des traités de coopération déjà conclus avec l’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne, vise à structurer un partenariat renforcé autour de la défense, de l’énergie – y compris le nucléaire –, de la culture, de la langue et de la science. Il illustre une volonté partagée de renforcer la convergence franco-polonaise dans un contexte géopolitique bouleversé par la guerre en Ukraine.
Une symbolique forte et un rapprochement stratégique
La ville de Nancy, hautement symbolique pour les relations entre la France et la Pologne, a été choisie pour accueillir la signature de ce traité. La présence historique de Stanislas Leszczynski, roi de Pologne devenu duc de Lorraine, y résonne toujours. La région a également accueilli de nombreuses familles polonaises au XXe siècle, venues travailler dans les mines et les usines de Lorraine. Cette signature renforce un rapprochement entamé en 2020, relancé après l’arrivée au pouvoir de Donald Tusk, pro-européen et partisan d’une ligne ferme contre la Russie.
Le traité reflète une montée en puissance diplomatique de Varsovie, devenue un acteur-clé de la défense du flanc est de l’Europe et un poids lourd de l’OTAN. La France, elle, cherche à établir des ponts solides avec cette Pologne réorientée, afin de peser davantage au sein de l’Union européenne sur les questions de sécurité collective, d’énergie et de souveraineté technologique.
La signature du traité sera précédée d’un déjeuner de travail, puis d’un entretien bilatéral entre les deux chefs de gouvernement, avant une conférence de presse conjointe. Des mesures de sécurité seront mises en place dans tout le centre de Nancy, sans empêcher le public d’assister à l’événement, bien que des manifestations soient attendues, notamment sur les politiques sociales du gouvernement polonais.