Parmi les nombreuses personnalités présentes ce samedi matin à Rome pour rendre hommage au pape François, le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chems-eddine Hafiz, figure en bonne place. À l’initiative d’Emmanuel Macron, il a pris place à bord de l’avion présidentiel pour assister aux funérailles du souverain pontife, aux côtés de près de 200 chefs d’État et de dignitaires du monde entier.
Depuis Rome, Chems-eddine Hafiz a salué la mémoire d’un homme qui « tendait la main à l’islam » et prônait inlassablement la fraternité entre les religions. « Sa mort est une immense perte pour tout le monde et aussi pour nous, les musulmans », a-t-il confié, rappelant l’importance du message d’unité porté par le pape François dans un monde de plus en plus divisé. Le recteur se souvient avec émotion de leur dernière rencontre, en février, au cours de laquelle il avait offert une traduction du Coran que le pape avait embrassée avec respect.
Un lien fort entre l’Église et l’islam
Chems-eddine Hafiz, qui avait proposé au pape l’organisation annuelle à Paris d’une rencontre entre catholiques et musulmans, espère aujourd’hui que cet élan sera préservé par le successeur de François. « Nous ne sommes pas des adversaires. Pour tous les musulmans, l’Église est une boussole », a-t-il affirmé, soulignant la portée universelle de l’héritage laissé par le pape. Le choix du président Macron de convier le recteur à cet événement illustre la volonté de la France de promouvoir le dialogue interreligieux dans un moment de deuil partagé. À travers cette invitation, c’est aussi un message d’apaisement et de fraternité que la République entend porter sur la scène internationale.