Après trois jours de conclave organisé à Bourail, sous l’égide de Manuel Valls, les négociations sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie se sont achevées sans accord. « Aucun consensus n’a pu être trouvé », a déclaré jeudi matin le ministre des Outre-mer, malgré la volonté affichée de sortir l’archipel de la crise politique et sociale qui le paralyse depuis le boycott du dernier référendum par les indépendantistes en 2021 et les émeutes meurtrières de mai 2024. À l’origine du blocage : l’impossibilité de concilier les visions antagonistes des indépendantistes et des non-indépendantistes.
Deux visions irréconciliables
Le projet porté par l’État proposait un modèle de « souveraineté avec la France », incluant un transfert des compétences régaliennes à la Nouvelle-Calédonie et l’instauration d’une double nationalité. En face, les Loyalistes ont défendu un projet d’État fédéré avec renforcement des compétences provinciales, rejetant catégoriquement toute évolution vers une autonomie accrue, perçue comme un pas vers l’indépendance. Le dialogue s’est maintenu, mais les positions sont restées figées.
Face à cet échec, le gouvernement a annoncé qu’il organiserait les élections provinciales dans le cadre juridique existant, sans réforme du corps électoral, pourtant au cœur des tensions ayant mené aux violences de 2024. Ces élections, prévues avant la fin novembre, détermineront la composition du gouvernement local. L’État espérait un accord politique pour stabiliser durablement l’archipel, mais se voit contraint d’avancer seul.
Sonia Backès, figure loyaliste, a dénoncé « la fin de la méthode Valls » et appelé Emmanuel Macron à reprendre la main. Tandis que les indépendantistes restent inflexibles sur la question de la souveraineté, l’impasse institutionnelle semble totale. Le risque d’un nouvel embrasement n’est pas écarté, dans un territoire toujours marqué par des décennies de tensions ethniques, économiques et politiques.