Tout juste élu chancelier au second tour, Friedrich Merz a choisi Paris pour son premier déplacement officiel, respectant une tradition diplomatique solidement ancrée depuis le traité de l’Élysée de 1963. Ce mercredi 7 mai, il rencontre Emmanuel Macron à l’Élysée pour une visite de travail centrée sur les grands dossiers stratégiques qui pèsent sur l’Europe : relance économique, défense commune, politique migratoire, et soutien à l’Ukraine.
Déterminé à faire de l’Allemagne « l’un des gouvernements les plus fortement européens » de son histoire, Merz arrive fort d’un plan d’investissement massif déjà adopté : 1 000 milliards d’euros engagés pour le réarmement et la modernisation du pays. En France, l’Élysée avance prudemment, entre promesses de retour à l’équilibre budgétaire d’ici 2029 et hésitations autour d’un éventuel référendum sur la dette. Le contraste est flagrant, mais les deux capitales cherchent à parler d’une seule voix, notamment face aux États-Unis et à l’agressivité commerciale de Donald Trump.
Un test décisif pour l’avenir de l’Europe
Sur l’Ukraine, les positions doivent être harmonisées avant le sommet de l’Otan prévu fin juin à La Haye. Berlin et Paris devront s’accorder sur la poursuite des livraisons d’armes, dont les missiles Taurus, tout en tenant compte des initiatives américaines pour un cessez-le-feu. Autre sujet sensible : le pacte migratoire européen, que Merz souhaite appliquer dès maintenant, en durcissant les contrôles frontaliers.
L’agenda économique est également dense : pression sur Bruxelles pour accélérer la simplification administrative, relance de l’union de l’épargne, accords commerciaux contestés comme celui du Mercosur… Emmanuel Macron et Friedrich Merz veulent impulser un nouveau souffle à l’agenda de compétitivité européen. Mais sur plusieurs points, notamment les traités de libre-échange, la France maintient ses lignes rouges.
Le futur ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, accompagnera Merz à Paris, signe d’un changement de cap : la CDU reprend en main la diplomatie, et entend faire de la relation franco-allemande le socle d’un redressement stratégique du continent. Un Conseil des ministres franco-allemand est déjà en préparation pour l’été.