Le ministre des Outre-mer Manuel Valls est confronté à une double épreuve politique cette semaine. Après l’adoption sous tension du projet de loi sur la refondation de Mayotte, il se retrouve au cœur d’un sommet à l’Élysée ce mercredi pour tenter de relancer les discussions institutionnelles en Nouvelle-Calédonie. Une semaine décisive pour l’ancien Premier ministre, désormais chargé des dossiers ultramarins les plus explosifs de la République.
Deux fronts politiques à haut risque
À Mayotte, l’Assemblée a adopté un texte très controversé qui durcit le ton face à l’immigration clandestine, sous l’influence du Rassemblement national. Le placement en rétention de mineurs, la destruction de bidonvilles sans relogement, et un moratoire sur la scolarisation des enfants de sans-papiers ont suscité l’indignation de la gauche et des députés ultramarins. Valls, qui parle de « loi puissante et ambitieuse », a dû faire face à un hémicycle clairsemé où la droite nationale a parfois imposé ses amendements, au grand dam du ministre.
En parallèle, le dossier calédonien revient sur la table un an après les émeutes de mai 2024. Emmanuel Macron réunit loyalistes et indépendantistes à l’Élysée avant un huis clos à Bougival piloté par Manuel Valls. Objectif : rouvrir les négociations sur l’avenir institutionnel du territoire, dans un contexte tendu, où le dialogue semble de nouveau au point mort. Valls joue gros : son crédit politique et la cohérence de la stratégie gouvernementale sur les Outre-mer.