Emmanuel Macron se rendra ce lundi 5 mai à la Grande Loge de France, à Paris, pour y prononcer un discours sur la laïcité, à l’approche du 120e anniversaire de la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État. Une première pour un président de la République, dans un contexte où les tensions liées à la religion, à l’antisémitisme et à l’intolérance s’exacerbent. L’Élysée annonce que le chef de l’État entend rappeler « l’esprit de liberté » de cette loi fondatrice, qui reste selon lui un pilier de la République.
Macron visitera le musée de la Grande Loge et s’entretiendra avec son grand maître, Thierry Zaveroni, avant de s’exprimer dans le temple Pierre-Brossolette, du nom de l’ancien résistant et franc-maçon. Ce déplacement s’inscrit dans la continuité de la stratégie présidentielle visant à s’ancrer dans l’héritage des pères fondateurs de la République laïque, à commencer par Aristide Briand. Il s’agira aussi de poser un jalon politique avant la commémoration officielle du texte, prévue en décembre.
Un geste fort dans un climat tendu
Alors que les controverses sur la laïcité, la place de l’islam, ou les accusations d’islamophobie minent le débat public, cette visite symbolique vise à réaffirmer une conception apaisée mais ferme de la laïcité. Elle intervient dans un moment où certains accusent l’exécutif d’ambiguïté ou d’inaction face aux menaces idéologiques. Pour Macron, c’est aussi une façon de se positionner en arbitre au-dessus des clivages, tout en reprenant la main sur un sujet sensible.
La Grande Loge de France, deuxième obédience du pays après le Grand Orient, est traditionnellement plus discrète, moins politisée et plus tournée vers une approche spiritualiste de la franc-maçonnerie. Avec cette prise de parole, Emmanuel Macron renoue avec une tradition républicaine qui lie la franc-maçonnerie et les principes fondateurs de la laïcité française.