L’ancien Premier ministre Jean Castex, actuel patron de la RATP, a été auditionné ce mercredi par les députés dans le cadre de sa désignation à la présidence de la SNCF. Proposé par Emmanuel Macron pour succéder à Jean-Pierre Farandou, désormais ministre du Travail, il devrait être confirmé sauf opposition de plus des trois cinquièmes des parlementaires.
Une transition stratégique entre deux géants du transport
À 60 ans, Jean Castex s’apprête à quitter la RATP, qu’il dirige depuis novembre 2022, pour prendre la tête de la SNCF à un moment charnière. Face à l’ouverture du marché ferroviaire à la concurrence, il entend concentrer son action sur « la modernisation du réseau » et « l’amélioration des infrastructures ». Lors de son audition, il a évoqué un objectif clair : renforcer la fiabilité du service et reconquérir les voyageurs dans un contexte où des opérateurs comme Trenitalia misent sur l’expansion de la grande vitesse en France et en Europe. Il a également souligné l’importance d’investir massivement dans la résilience du réseau, en évoquant « l’impact concret du changement climatique sur les infrastructures ferroviaires ». Les fortes chaleurs, les crues ou les mouvements de terrain menacent déjà certaines lignes, a-t-il rappelé, plaidant pour une stratégie d’adaptation à long terme.
Des priorités qui mêlent modernisation et aménagement du territoire
Lors de son passage devant les sénateurs la semaine dernière, Jean Castex avait réaffirmé son attachement aux trains de nuit et à l’aménagement du territoire. Devant les députés, il a de nouveau insisté sur le rôle du rail dans la cohésion nationale, un thème qui résonne particulièrement dans les zones rurales et périurbaines. Il s’est engagé à dialoguer étroitement avec les collectivités locales pour mieux articuler l’offre ferroviaire avec les besoins régionaux.
Un dirigeant expérimenté dans la gestion de crise et la concurrence
À la RATP, Jean Castex a redressé une régie fragilisée par la crise sanitaire et les difficultés de recrutement qui avaient suivi la pandémie. Il a également supervisé la préparation de l’ouverture à la concurrence du réseau francilien, un exercice qu’il devra désormais mener à plus grande échelle à la SNCF. Reconduit en octobre 2024 à la tête de la RATP pour un mandat de cinq ans, il devrait néanmoins quitter son poste plus tôt que prévu. Si sa nomination se concrétise, Jean Castex retrouvera un univers qu’il connaît bien : passionné de trains, il avait déjà candidaté à la direction de la SNCF en 2019. Il entend cette fois « mettre toute [son] expérience de la gestion publique au service d’un réseau ferroviaire essentiel à la vie du pays ». Le Parlement a validé la nomination de Jean Castex comme PDG de la SNCF.