Et s’il y avait désormais plus de rats que de Parisiens ? L’idée prête à sourire… jusqu’à ce qu’on y regarde de plus près. Entre les égouts labyrinthiques, les montagnes de déchets et le climat toujours plus doux, la capitale française offre un terrain de jeu rêvé à ces rongeurs devenus indésirables. Si aucun comptage officiel n’a été réalisé, les estimations donnent le vertige. Certaines études évoquent la présence d’environ 6 millions de rats à Paris, soit deux fois plus que le nombre d’habitants. D’autres, plus prudentes, avancent le chiffre de 5 millions, établissant un ratio tout de même inquiétant de 1,5 à 2 rats par personne. La mairie, elle, botte en touche : ces chiffres seraient « largement spéculatifs ». Aucun recensement scientifique n’a été mené, faute de méthode fiable dans un milieu aussi complexe que les entrailles de Paris.
Égouts, déchets et chaleur : un cocktail explosif
Pourquoi une telle prolifération ? Plusieurs facteurs aggravants se combinent. D’abord, la nourriture. Les détritus jetés dans les rues, les restes oubliés dans les squares, les sacs éventrés autour des poubelles : c’est un festin quotidien pour les rats. Ensuite, l’urbanisation : les sous-sols parisiens regorgent de cachettes, entre les réseaux d’égouts, les caves humides et les ruelles peu entretenues. Enfin, le changement climatique joue les accélérateurs : des hivers plus doux et des étés plus longs favorisent la reproduction de ces nuisibles tout au long de l’année. Cette dynamique s’ajoute à une autre tendance lourde : la baisse de la population humaine. Paris perd des habitants depuis plusieurs années, ce qui alimente encore un peu plus l’idée que les rats pourraient prendre le dessus, numériquement parlant.
La ville riposte… mais le rat tient bon
Face à cette menace silencieuse, la Ville de Paris n’est pas restée inactive. Campagnes de dératisation renforcées, nouveaux modèles de poubelles plus hermétiques, sensibilisation des habitants : la lutte est engagée. Mais les résultats restent difficiles à mesurer, tant la tâche est vaste et les foyers de prolifération nombreux. Car le rat est malin, rapide, et sait se rendre invisible. Il se faufile, s’adapte, et profite de chaque faille. En 2017 déjà, la mairie avait lancé un « plan anti-rats » après des images devenues virales montrant des dizaines de rongeurs dans les parcs publics. Huit ans plus tard, la menace est toujours là. Et certains redoutent même qu’elle se soit amplifiée. La guerre est loin d’être gagnée. Et à ce rythme, Paris pourrait bien devenir, malgré elle, la capitale européenne… des rats.