Nouvelle nuit sanglante en Martinique. Un jeune homme de 25 ans a été tué par balles dans la nuit de dimanche à lundi, à Sainte-Luce, alors qu’il assistait à une soirée sur le parking d’un restaurant. Touché alors qu’il se trouvait sur sa moto, il n’a pas survécu. Les tireurs ont pris la fuite avec son deux-roues. Un policier hors service, présent sur place, a également été blessé à l’épaule par un projectile.
Un climat explosif sur fond de règlements de comptes
Cet homicide porte à seize le nombre de meurtres commis depuis le début de l’année en Martinique, dont treize par arme à feu. Le parquet a confié l’enquête à la section de recherches de la gendarmerie de Fort-de-France. La préfecture a dénoncé une « spirale mortifère » et promis de renforcer les efforts sécuritaires. Depuis le 11 mai, pas moins de sept jeunes hommes ont été abattus sur l’île, tous âgés de moins de 45 ans.
Le ministre des Outre-mer, Manuel Valls, a évoqué une évaluation des dispositifs de sécurité en cours, tout en laissant entendre que des moyens supplémentaires pourraient être déployés. Mais du côté des élus locaux, le ton est plus grave. Serge Letchimy, président du conseil exécutif de la CTM, a fustigé un « désengagement de l’État » et une « absence de stratégie coordonnée », réclamant un rendez-vous urgent avec Emmanuel Macron.
Alors que les homicides s’enchaînent et que les armes circulent librement, les Martiniquais vivent désormais dans la peur d’une escalade incontrôlable de la violence.