GRAZ — L’Autriche s’est figée mercredi matin pour une minute de silence, en hommage aux victimes de la fusillade survenue la veille dans un lycée de Graz, la deuxième ville du pays. Dix personnes, dont neuf élèves âgés de 14 à 17 ans et un enseignant, ont été tuées par un ancien élève armé, avant que celui-ci ne se donne la mort. Onze autres personnes ont été blessées, certaines grièvement.
Les autorités ont annoncé trois jours de deuil national dans ce qui semble être l’attaque la plus meurtrière de l’histoire récente de l’Autriche. À 10 heures, heure exacte où la police a été alertée mardi des premiers tirs au lycée BORG Dreierschützengasse, les transports en commun de Vienne, tout comme les habitants de Graz, ont observé une pause solennelle.
Des centaines de personnes se sont rassemblées sur la place principale de Graz, déposant des bougies et des fleurs devant l’hôtel de ville. Mardi soir déjà, des veillées avaient réuni plusieurs centaines de personnes, notamment lors d’un office à la cathédrale de Graz. Une étudiante en histoire de l’art, Chiara Komlenic, 28 ans, a confié avoir passé ses meilleures années dans cet établissement. « Savoir que ces jeunes ne reviendront jamais, c’est douloureux », a-t-elle dit, les larmes aux yeux.
Les enquêteurs ont découvert au domicile du tireur — un jeune homme autrichien de 21 ans — une bombe artisanale non fonctionnelle, une vidéo d’adieu, une lettre manuscrite et des plans abandonnés pour un attentat à la bombe. Les motivations de l’attaque restent inconnues. Le directeur de la sécurité publique, Franz Ruf, a confirmé que la lettre d’adieu ne contenait aucun élément expliquant les raisons du geste. Le tireur vivait avec sa mère près de Graz et possédait légalement les deux armes utilisées : un fusil de chasse et un pistolet.
La police refuse pour l’heure de spéculer sur un éventuel ciblage spécifique des victimes. Des blessés ont été retrouvés à différents étages du lycée, et certains à l’extérieur du bâtiment. Selon les services de santé de Graz, tous les blessés sont désormais dans un état stable. Neuf sont encore en soins intensifs, dont deux doivent subir des opérations supplémentaires. Les blessés ont entre 15 et 26 ans ; parmi eux figurent deux Roumains et un citoyen iranien.
Pour beaucoup, la douleur est collective. « Graz, c’est une grande ville, mais ça reste un village où tout le monde se connaît », confie Fabian Enzi, étudiant de 22 ans. « Avec un drame pareil, il y a de fortes chances que chacun connaisse quelqu’un de touché. On voit beaucoup de visages bouleversés. »
Alors que le pays tente de surmonter ce choc, l’enquête se poursuit pour comprendre ce qui a poussé un jeune homme à commettre une telle tuerie dans son ancien établissement.