Kharkiv sous les bombes : Kiev dément avoir suspendu les échanges de prisonniers avec Moscou
Kharkiv sous les bombes : Kiev dément avoir suspendu les échanges de prisonniers avec Moscou

L’Ukraine a catégoriquement rejeté samedi les accusations russes selon lesquelles elle aurait indéfiniment reporté les échanges de prisonniers convenus récemment lors de négociations à Istanbul. Kiev dénonce une manœuvre de Moscou pour détourner l’attention, au lendemain de frappes russes meurtrières à Kharkiv ayant fait au moins trois morts et 22 blessés.

Vladimir Medinsky, conseiller du Kremlin, a affirmé que l’Ukraine avait suspendu sans préavis les procédures de libération de détenus et de restitution des corps, malgré un accord concernant près de 12 000 soldats tombés au combat. Mais Andriy Kovalenko, représentant du Conseil national de sécurité et de défense ukrainien, a vivement contesté cette version. « Les déclarations de la partie russe sont fausses et ne correspondent ni aux faits ni aux engagements pris », a-t-il écrit sur Telegram, accusant Moscou de « jouer à des jeux déloyaux ».

Ce nouvel épisode diplomatique survient dans un contexte de violence accrue. Kharkiv, grande ville du nord-est ukrainien située à quelques dizaines de kilomètres de la frontière russe, a été la cible de ce que les autorités locales décrivent comme l’assaut le plus intense depuis le début de la guerre. Selon le maire Ihor Terekhov, des missiles et drones russes ont détruit des infrastructures civiles, des établissements scolaires et des immeubles d’habitation. Plusieurs bâtiments ont été réduits en cendres, tandis que les secours fouillent encore les décombres.

À Moscou, les autorités ont signalé que deux personnes avaient été blessées par des drones ukrainiens dans la nuit de vendredi à samedi. Le gouverneur de la région, Andreï Vorobiev, a indiqué que neuf drones avaient été abattus. Le ministère russe de la Défense a par ailleurs affirmé avoir intercepté 36 drones ukrainiens dans différentes zones du pays.

L’armée ukrainienne, de son côté, a annoncé avoir abattu un chasseur russe Su-35 près de la frontière de Koursk, sans que Moscou ne confirme ou ne commente cette information. Reuters n’a pas pu vérifier ces affirmations de manière indépendante.

Enfin, selon un responsable militaire allemand, une attaque de drone menée par Kiev le week-end dernier aurait endommagé environ 10 % de la flotte stratégique de bombardiers russes, visant notamment des appareils en préparation de missions de frappes. Un revers important pour la capacité de projection militaire de Moscou, alors que les affrontements se poursuivent sur plusieurs fronts.

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