Quelques heures après une opération militaire spectaculaire ayant conduit à la capture et à l’exfiltration du président vénézuélien Nicolás Maduro, le président américain Donald Trump a déclaré samedi que les États-Unis allaient « diriger » le Venezuela de manière provisoire et exploiter ses vastes réserves de pétrole afin d’en vendre « de grandes quantités » à d’autres pays.
L’intervention marque l’action américaine la plus directe visant un changement de régime depuis l’invasion de l’Irak en 2003. Elle est l’aboutissement de mois de préparation secrète et d’une pression croissante exercée par Washington sur Caracas. Des experts juridiques ont immédiatement soulevé des doutes sur la légalité de l’opération, menée sans autorisation explicite du Congrès américain.
Selon les autorités américaines, Maduro et son épouse ont été arrêtés dans la nuit sur une base militaire vénézuélienne, puis transférés à bord d’un navire de guerre américain avant d’être acheminés vers les États-Unis. Ils doivent y répondre d’un acte d’accusation pour « narco-terrorisme », une procédure engagée par le département de la Justice, qui qualifie le régime déchu de « corrompu et illégitime ». Des images diffusées par la Maison-Blanche montrent l’ancien chef de l’État escorté par des agents fédéraux dans des locaux de la DEA à New York, avant son placement en détention en attendant son procès.
S’exprimant lors d’une conférence de presse à Mar-a-Lago, Donald Trump a affirmé que Washington allait aider à « réparer » les infrastructures pétrolières du pays et superviser la transition politique. « Nous allons administrer le pays jusqu’à ce qu’une transition sûre, appropriée et judicieuse soit possible », a-t-il déclaré, assurant que cette opération devait servir d’avertissement à ceux qui menaceraient, selon lui, la sécurité des États-Unis.
À Caracas, des explosions ont retenti à l’aube, accompagnées de survols d’avions à basse altitude. Les autorités vénézuéliennes ont accusé les forces américaines d’avoir frappé des installations civiles et militaires. La vice-présidente Delcy Rodríguez a dénoncé une « attaque impérialiste » et exigé la libération de Maduro, affirmant qu’il restait le seul président légitime. La Cour suprême vénézuélienne lui a toutefois ordonné d’assumer le rôle de présidente par intérim.
La situation a provoqué des réactions contrastées dans la capitale : certains quartiers sont restés déserts, tandis que des partisans du pouvoir déchu se sont rassemblés pour réclamer le retour de Maduro, quand d’autres célébraient sa chute. Des coupures d’électricité ont été signalées près de sites militaires et portuaires, et des colonnes de fumée étaient visibles au-dessus de la ville.
Sur le plan international, l’opération suscite de vives inquiétudes. Une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies doit se tenir à la demande de plusieurs pays, tandis que des élus américains, démocrates comme républicains, réclament des explications sur la base juridique de l’intervention et sur le plan de stabilisation régionale annoncé par la Maison-Blanche.