Le ministère américain de la Sécurité intérieure (DHS) est officiellement entré en situation de paralysie budgétaire partielle, faute d’accord au Congrès sur son financement. Ce nouveau « shutdown » s’inscrit dans un bras de fer prolongé entre démocrates et républicains autour des pratiques de la police fédérale de l’immigration, l’ICE.
Concrètement, des milliers de fonctionnaires vont être placés en chômage technique, tandis que les personnels jugés essentiels continueront à travailler sans percevoir de salaire tant qu’aucun budget ne sera adopté. Les démocrates conditionnent leur soutien à un encadrement plus strict des actions de l’ICE, notamment la fin des patrouilles volantes, l’interdiction du port de masques par les agents et l’obligation d’un mandat judiciaire avant toute arrestation de migrant.
Impact du blocage sur les agences fédérales
Ils justifient leur blocage par les méthodes de l’agence, vivement critiquées après la mort de deux citoyens américains abattus par des agents fédéraux à Minneapolis en janvier. À l’inverse, la Maison-Blanche dénonce une obstruction partisane. La porte-parole Karoline Leavitt a accusé l’opposition de privilégier des considérations politiques au détriment du fonctionnement de l’État.
Si l’ICE devrait continuer à opérer grâce à des crédits déjà votés l’an dernier, d’autres agences dépendant du DHS sont directement affectées. La FEMA, chargée de la gestion des catastrophes naturelles, pourrait voir son activité perturbée. La TSA, responsable des contrôles de sûreté dans les aéroports, a averti qu’un blocage prolongé pourrait entraîner un manque de personnel, avec à la clé retards, files d’attente accrues et annulations de vols.
Au Sénat, l’adoption d’un texte budgétaire nécessite 60 voix, obligeant les républicains majoritaires à obtenir l’appui d’une partie des démocrates. Pour l’heure, les négociations ont échoué. Les parlementaires, partis en congé, pourraient être rappelés en urgence si un compromis émerge. Il s’agit du troisième « shutdown » depuis le début du second mandat de Donald Trump, après un blocage de quelques jours en février et une paralysie record de 43 jours à l’automne précédent.