Smartphones interdits avant 15 ans : une proposition de loi pour « poser un cadre »
Smartphones interdits avant 15 ans : une proposition de loi pour « poser un cadre »

Une alliance inédite à l’Assemblée nationale pourrait bientôt bouleverser l’usage du numérique chez les plus jeunes. Deux députés, la socialiste Ayda Hadizadeh et Jérémie Patrier-Leitus, élu Horizons, s’apprêtent à déposer une proposition de loi interdisant la vente de smartphones aux moins de 15 ans. Leur texte, présenté comme transpartisan, pourrait être inscrit à l’ordre du jour dès la semaine parlementaire de décembre. Dans un contexte où le président Emmanuel Macron a promis de restreindre l’accès aux réseaux sociaux pour les mineurs, les deux élus souhaitent aller plus loin. Pour eux, c’est le smartphone lui-même qu’il faut réguler, bien au-delà des plateformes numériques. Selon Jérémie Patrier-Leitus, cet objet agit comme une « bombe à retardement » qui nuit à l’attention, au sommeil et à l’estime de soi des enfants. Ayda Hadizadeh estime quant à elle que le véritable levier d’action se trouve dans une régulation en amont : « Nous devons prendre le problème à la racine ».

Un téléphone oui, mais sans réseau social

Le texte ne priverait pas totalement les jeunes d’un téléphone, mais proposerait la création d’un label « téléphone à service limité » – une alternative qui permettrait de téléphoner ou d’envoyer des SMS sans accès aux réseaux sociaux ni à Internet. Ce dispositif aurait pour ambition d’inciter les fabricants à innover dans cette direction. Les deux députés reconnaissent que des contournements resteront possibles, mais espèrent néanmoins établir un socle légal qui puisse aider les parents à poser des limites. Pour Ayda Hadizadeh, l’État ne peut plus se contenter de simples campagnes de sensibilisation : « Cette loi va aider les parents à tenir des interdits ».

Un consensus politique en construction

La proposition de loi, qui pourrait bénéficier d’un large soutien parlementaire, sera ouverte à la cosignature d’autres députés dès la semaine prochaine. Pour les initiateurs du texte, cette initiative illustre l’importance du travail collectif en dehors des lignes partisanes, notamment depuis les dernières législatives. Les signataires espèrent ainsi ouvrir un nouveau chapitre dans la régulation de la technologie, où la protection des mineurs primerait sur la permissivité actuelle.

Partager