Parcoursup est « une réussite sur le plan technique » mais « un échec sur le plan politique », selon un rapport parlementaire présenté mardi par les députés Pierrick Courbon (PS) et Frantz Gumbs (MoDem). Les deux élus jugent que la plateforme, mise en place en 2018 et utilisée en 2025 par 980 000 candidats, fonctionne mieux que l’ancien système APB, mais qu’elle n’a pas atteint plusieurs objectifs affichés.
Le rapport critique notamment un calendrier jugé anxiogène, davantage pensé pour les contraintes des établissements que pour l’intérêt des lycéens. Les députés estiment aussi que la transparence reste insuffisante sur les critères de sélection, en particulier du fait des « algorithmes locaux » utilisés par certaines formations, ce qui nourrit l’idée d’un système opaque.
Des inégalités sociales et territoriales qui persistent
Sur le fond, ils constatent que la réorientation reste élevée, que la réussite en licence ne s’est pas améliorée comme espéré, et que Parcoursup ne réduit pas les inégalités sociales et territoriales d’accès au supérieur. Ils rappellent notamment que seuls 40 % des bacheliers obtiennent une licence en trois ou quatre ans.
Les corapporteurs formulent 51 propositions, dont une modification du calendrier, la publication des algorithmes locaux, l’affichage des critères éliminatoires, la suppression de la lettre de motivation, ou encore l’effacement du lycée d’origine dans les dossiers transmis aux formations afin de limiter les biais. Ils soulignent enfin que Parcoursup sert souvent de « bouc émissaire », rappelant que la plateforme ne classe pas elle-même les candidats : ce sont les commissions des formations qui le font.