À partir de ce jeudi 3 juillet 2025, les écrans seront officiellement proscrits dans tous les lieux d’accueil de jeunes enfants. Un arrêté, attendu au Journal officiel en ce début de mois, vient entériner cette mesure qui figurera désormais dans la charte nationale pour l’accueil du jeune enfant. Crèches, assistantes maternelles, haltes-garderies : tous les professionnels sont concernés. L’interdiction est claire : « Il est interdit d’exposer un enfant de moins de trois ans devant un écran (smartphone, tablette, ordinateur, télévision) compte tenu des risques pour son développement », stipule le texte. Le gouvernement entend ainsi formaliser une règle déjà recommandée par les spécialistes de la petite enfance.
Un signal fort, au-delà du seul cadre professionnel
Pour la ministre de la Santé et des Solidarités, Catherine Vautrin, il s’agit d’un message plus large. Mi-juin, elle avait exprimé sa volonté de bannir les écrans « partout, y compris à la maison », même si l’État n’a pas vocation à en contrôler l’application dans la sphère privée. L’objectif est clair : « insuffler l’idée que ça ne se fait pas », à l’image de l’interdiction symbolique de la fessée.
Des risques scientifiquement documentés
Cette décision s’appuie sur de nombreuses alertes. Fin avril, un rapport d’experts appelait à une « prise de conscience collective », en soulignant que l’exposition précoce aux écrans altère durablement la santé et les capacités intellectuelles des enfants. Déficits d’attention, troubles du langage, retards cognitifs : les conséquences sont nombreuses, et souvent irréversibles. Dès 2024, une commission mandatée par Emmanuel Macron plaidait déjà pour l’absence totale d’écrans avant trois ans, une recommandation désormais traduite dans les textes réglementaires. Cette nouvelle interdiction marque une étape supplémentaire dans la politique de santé publique en faveur de la petite enfance. Un signal fort adressé aux familles comme aux professionnels : le développement des tout-petits passe avant les écrans.