Il était devenu en deux ans l’un des artistes les plus écoutés de France. Le rappeur Werenoi, de son vrai nom Jérémy Bana Owona, est mort à l’âge de 31 ans, a confirmé ce samedi 17 mai son producteur, Babs, dans un message publié sur les réseaux sociaux. Les circonstances de sa disparition, survenue après une soudaine dégradation de son état de santé, ne sont pas encore connues.
Une ascension fulgurante
Originaire de Montreuil, en Seine-Saint-Denis, Werenoi s’était imposé comme une figure incontournable du rap français. Révélé au grand public avec Telegram en 2022, suivi de Carré en 2023, il avait enchaîné les succès commerciaux et critiques. En 2024, il signait son apogée avec l’album Pyramide, écoulé à plus de 276 000 exemplaires, faisant de lui le meilleur vendeur de disques de l’année, devant des poids lourds comme Jul, Indochine ou encore Taylor Swift.
Werenoi a remporté le prix de l’album de l’année aux Flammes 2025 avec Pyramide 2, mais n’avait pas pu assister à la cérémonie. Dans une vidéo diffusée sur écran, il évoquait une blessure qui l’empêchait d’être présent. Moins d’une semaine plus tard, il n’est plus.
Un artiste aussi discret que prolifique
Avec six albums publiés en trois ans, Werenoi impressionnait par sa régularité. Il avait fait de la musique sa zone d’expression privilégiée, livrant dans ses textes une parole rare sur son parcours, ses blessures et ses espoirs. Loin de toute exubérance médiatique, il préférait le mystère et la pudeur. « Je passe quasiment ma vie en studio », confiait-il au Parisien en janvier. « Être l’artiste qui vend le plus, c’est une surprise, mais ça montre qu’on a bien travaillé. »
Werenoi était aussi respecté pour son éthique de travail, saluée par ses proches et collaborateurs. Ses producteurs rappelaient qu’il ne parlait jamais de lui-même, même le jour de son anniversaire, et qu’il montrait peu ses émotions, sauf à travers la musique. « Je préfère garder ma vie privée pour moi. J’en dis assez dans mes textes », répétait-il.
Un héritage déjà immense
De Laboratoire à Chemin d’or, en passant par ses collaborations avec Damso, Aya Nakamura ou SCH, Werenoi avait su réunir le public du rap comme celui de la pop. Sa voix, reconnaissable entre mille, et sa plume mélancolique racontaient un vécu urbain teinté d’aspirations universelles. Le maire de Montreuil, Patrick Bessac, lui a rendu hommage : « Il racontait la rue, la fierté, les douleurs, les espoirs aussi. Une voix indélébile. »
Ce samedi, des centaines de messages ont afflué sur les réseaux, émanant d’artistes, de sportifs, mais surtout de fans bouleversés. Beaucoup ont salué un artiste « sincère », « travailleur » et « profondément humain ». L’émotion est d’autant plus vive qu’à 31 ans, Werenoi semblait encore au début de sa trajectoire.