La Folle Journée 2026 veut tourner la page René Martin sans renier son ambition
La Folle Journée 2026 veut tourner la page René Martin sans renier son ambition

Le festival nantais de musique classique a présenté mardi 2 décembre la programmation de sa 32e édition, prévue du 28 janvier au 1er février 2026. Une annonce attendue, marquant la volonté des organisateurs d’assurer la continuité de l’événement malgré le départ contraint de son fondateur, René Martin, accusé de harcèlement par plusieurs anciennes collaboratrices. Son nom n’a été cité à aucun moment lors de la conférence de presse, mais son absence a plané sur toute la présentation.

Cette édition sera la première sans celui qui a dirigé le festival depuis sa création. La crise ouverte par les témoignages relayés dans une enquête conjointe de Médiacités et La Lettre du Musicien, où une vingtaine de personnes évoquent un management toxique et des comportements déplacés, a conduit à la démission de René Martin fin octobre. Une enquête judiciaire est en cours. En réaction, les pouvoirs publics – Ville de Nantes, département et région – ont accru leur pression pour que le festival se poursuive sans lui. Devant la presse, l’adjoint à la culture de la mairie, Aymeric Seassau, a réaffirmé la nécessité de maintenir l’événement, qu’il juge “essentiel pour la musique classique comme pour le public”. Il a parlé d’une “grande aventure collective” à continuer, avec la volonté de “conjurer tout risque de rupture historique”.

Une programmation resserrée mais ambitieuse

Malgré le contexte tendu, les équipes du CRÉA – la structure organisatrice du festival – ont réussi à bâtir la programmation en un temps record : trois semaines, là où plusieurs mois sont habituellement nécessaires. L’édition 2026 aura pour thème les fleuves, du Nil au Danube en passant par l’Amazone. En tout, 300 concerts sont annoncés et plus de 2 000 artistes attendus. Les noms de certains habitués manquent, notamment ceux qui ont récemment signé une tribune en soutien à René Martin, mais selon François Gaborit, directeur administratif du festival, aucun artiste n’a officiellement décliné une invitation. Il admet cependant que certains musiciens “n’ont pas proposé de projet”, sans y voir un signe de rejet.

La vente des 140 000 billets débutera le 13 décembre à 9 heures. L’objectif affiché est clair : rassurer le public et démontrer que La Folle Journée peut se maintenir sans son fondateur, sans renoncer à ses ambitions artistiques. Quant à l’avenir au-delà de 2026, il reste incertain. Aucun nouveau directeur artistique n’a été annoncé, et les contours de l’édition 2027 demeurent flous. Mais les organisateurs l’assurent : il y aura bien une suite.

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