C’était un 19 novembre - Ouverture du musée du Prado (wikipedia commons)
C’était un 19 novembre - Ouverture du musée du Prado (wikipedia commons)

Le 19 novembre 1819, à Madrid, le roi Ferdinand VII inaugure discrètement un nouvel établissement appelé alors « Musée royal de peinture », installé dans un vaste édifice néoclassique situé près du couvent de San Jerónimo. Conçu à l’origine pour accueillir des collections scientifiques, le bâtiment est finalement réaffecté afin d’exposer les tableaux rassemblés depuis des siècles par les souverains espagnols. Contrairement au Louvre, dont il s’inspire, ce musée n’abrite que des œuvres issues des collections royales et non de conquêtes militaires. Très vite, les Madrilènes adoptent pour lui un nom plus simple : le Prado, en référence à la promenade voisine où il se trouve.

Une collection royale devenue institution nationale

À sa création, le musée présente un peu plus de trois cents peintures, toutes issues de l’école espagnole, réparties dans trois salles. La collection s’enrichit rapidement : les Bourbons comme les Habsbourg avaient constitué au fil des siècles un patrimoine exceptionnel, intégrant aussi bien les maîtres espagnols – Velázquez, Zurbarán, Murillo ou Goya – que de grands peintres européens tels que Rubens, Titien ou Le Greco. L’édifice conçu par Juan de Villanueva, meurtri par la guerre d’indépendance contre la France, est restauré à partir de 1818 grâce à l’action déterminante de la reine Marie-Isabelle de Bragance, véritable inspiratrice du projet muséal.

Dans les décennies qui suivent, l’institution échappe aux conflits de succession et aux partages dynastiques. Après la chute d’Isabelle II en 1868, elle passe définitivement du patrimoine royal à celui de la Nation. De nouvelles collections, notamment celles du musée de la Trinidad ou du musée d’Art moderne, y sont intégrées, renforçant considérablement la richesse du fonds.

Un patrimoine universel en expansion

Au XXᵉ siècle, le Prado traverse des périodes difficiles : vol retentissant en 1918, évacuation des chefs-d’œuvre durant la guerre d’Espagne, insuffisance chronique des moyens. Pourtant, il demeure la référence mondiale pour la peinture espagnole et un haut lieu de la culture européenne. L’édifice s’agrandit progressivement, jusqu’au chantier majeur mené par Rafael Moneo, inauguré en 2007. Aujourd’hui, plus de 1 300 œuvres sont exposées en permanence, tandis que plusieurs milliers d’autres sont prêtées à des institutions espagnoles et étrangères.

Le musée du Prado forme avec le musée Thyssen-Bornemisza et le Centre Reina Sofía le « triangle d’or de l’art » de Madrid, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2021. Fort de ses collections incomparables – des Ménines de Velázquez aux Peintures noires de Goya, en passant par les tableaux de Bosch, Titien ou Rubens – il demeure l’un des plus grands musées de la planète, symbole de la continuité culturelle d’une Espagne royale devenue nation moderne.

Que retenir rapidement ?

Le 19 novembre 1819, à Madrid, le roi Ferdinand VII inaugure discrètement un nouvel établissement appelé alors « Musée royal de peinture », installé dans u

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